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exclusif Réforme des trackers : l'industrie défend son pré carré

EXCLUSIF. Alors que l'Esma va rendre publiques ses directives, le responsable de la stratégie ETF à la Société Générale préconise que les nouvelles règles ne viennent pas tuer un marché qui pourrait croître de 15% en 2012.
Tout doux avec la régulation des ETF, ces fameux fonds qui dupliquent l'évolution d'un indice ou bien d'un panier d'actions, d'obligations ou de commodities. C'est en substance ce qu'a expliqué à Reuters Nizam Hamid, responsable de la stratégie ETF chez Lyxor, à la Société Générale. Depuis mi-2011, les autorités prudentielles ont appelé à réglementer les trackers, dont le marché a explosé ces dernières années. L'Esma, qui avait ouvert une consultation jusqu'à l'automne, devrait rendre publiques ses directives dans les semaines à venir. Selon BlackRock, les actifs gérés ont atteint fin novembre 1 347,5 milliards de dollars, contre 74,3 milliards en 2000. Pour Nizam Hamid, un environnement prudentiel plus stable pourrait permettre à l'industrie de croître encore de 15% en 2012. A l'inverse, si certaines règles étaient adoptées, elles pourraient porter un coup d'arrêt au marché. Parmi les propositions du régulateur européen : informer davantage les investisseurs particuliers sur les ETF, voire restreindre la distribution de certains fonds indiciels, comme les ETF synthétiques par exemple. Un avis que ne semble pas partager le dirigeant de la Société Générale : "A chaque structure correspondent différents risques et la question est plutôt de savoir si les clients sont entièrement au fait de ces risques et s'ils sont à l'aise avec". En ce qui concerne les inquiétudes sur la qualité du collatéral fourni par les établissements soulevées par le CSF, Nizam Hamid balaie la question d'un revers de main. "Une fois que vous avez rendu tous vos avoirs collatéraux visibles et téléchargeables instantanément sur un tableur, vous n'avez plus la possibilité de vous cacher". Enfin, le responsable de la stratégie assure que les fournisseurs d'ETF ont gagné en transparence et même qu'ils outrepassent les règles imposées le label Ucits. Il s'oppose ainsi à une idée formulée en octobre par Jean-Claude Trichet. Le président du Comité européen du risque systémique a évoqué au Parlement européen la possibilité que l'étiquette Ucits soit retirée de certains produits complexes, comme les trackers à réplication synthétique.
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