Ce que gagnent les banquiers centraux
EXCLUSIF.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, Mario Draghi, le patron de la BCE est loin d'être le mieux payé parmi ses pairs. Le patron de la banque d'Angleterre arrive en tête, juste devant celui de la Belgique. Christian Noyer est aussi bien payé que son homologue grec.
A l'heure où S&P pointe du doigt le manque d'entente entre les 28 pays européens, poussant l'agence de notation à abaisser sa note sur l'eurozone, un dossier très intéressant de l'EuropeanVoice fait le point sur les salaires de tous les banquiers centraux. Si ces as de la finance ont à coeur d'oeuvrer pour une meilleur convergence, force est pourtant de constater que leurs émoluments sont pour le moins disparates. Avec d'ailleurs des différences de niveaux absolument incompréhensibles au vue de la taille de leur pays ou de leur PIB.
Parmi les plus gros salaires annuels : celui de Mark Carney de la Banque d'Angleterre (certes, non eurozone) avec 520.000 euros. Vient tout de suite derrière, Luc Coene de la Banque de Belgique avec 537.000 euros. Soit bien plus que le salaire de Mario Draghi, le patron de la BCE qui ne touche que 374.000 euros ! Se trouve également en très bonne position Ignazio Visco de la Banque d'Italie avec 495.000 euros et le président de la banque du Danemark (non Eurozone) avec 415.000 euros. Ce dernier est ainsi mieux rémunéré que le patron de la Bundesbank en personne (410.000 euros), alors que la population de l'Allemagne est 15 fois plus élevée que celle du pays d'Hamlet.
A noter aussi parmi les situations pour le moins surprenantes, le salaire du patron de la Banque du Portugal qui avec 228.500 euros gagne plus que celui de la Banque d'Espagne (160.000 euros) et ce, alors que le PIB de cette dernière est six fois plus important que celui du pays de l'Algarve. Il gagne aussi plus que Christian Noyer (200.000 euros), le numéro un de la banque de France qui bénéficie, certes d'autres avantages appréciables comme un appartement de fonction. Le patron français est certes dépassé par un grand nombre de ses homologues dont celui de la Banque des Pays-Bas (320.000 euros), de l'Irlande (280.000 euros), alors qu'il touche la même chose que Georgios Provopoulos, le patron de la Banque de Grèce. Parmi les moins bien lotis, on retrouve le numéro un de la banque de Roumanie (non eurozone) avec 78.000 euros, de Malte (85.000 euros) ou d'Estonie (97.000 euros).
Ces fortes divergence vont-elle s'atténuer à l'avenir alors que nombre des prérogatives de ces éminents responsables vont être transférées au sein de la BCE ? Si certains s'émeuvent de l'importance de ces salaires au vue de la densité de leurs responsabilités à l'heure de la monnaie unique ou de leurs faibles compétences pour voir venir les bulles financières, d'autres font remarquer qu' il est primordial de donner à ces patrons toute latitude pour conserver leur indépendance d'esprit et ce, alors que certaines banques centrales régulent en direct leur industrie bancaire et d'autres supervisent leur industrie des services financiers, tandis qu'une grande majorité n'a pratiquement aucun rôle de superviseur. Un progrès toutefois : la transparence des informations données par tous ces intervenants et leur volonté de présenter dans le détail leurs différents travaux. Mais de là à aboutir à la convergence...
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