Rémunérations: quel patron du CAC est déconnecté de la réalité?
EXCLUSIF.
Sans grande surprise, la rémunération du patron de Renault, Carlos Ghosn, est en décalage avec la sous-performance du titre. Le patron le plus en ligne avec la réalité est Frank Riboud, de Danone.
Les chiffres donnent raison à notre ministre de l'Economie. A l'heure où Pierre Moscovici travaille sur un texte pour encadrer les parachutes dorés, les stock-options et autres clauses de non-concurrence, la décorrélation entre les performances des entreprises et le salaire de leurs patrons est de plus en plus montrée du doigt. Dans une note, Exane dresse un tableau, données comparables à l'appui, de l'évolution des prix des actions et des salaires (fixe et variable) dans les entreprises du CAC40, entre 2007 et 2011. Edifiant.
Qui est à la tête de ce classement peu glorieux ? Carlos Ghosn, qui a certes vu son salaire baisser de 1% sur la période à 12,29 millions d'euros, mais qui dispose d'une retraite chapeau de 700 000 euros. Dans le même temps, le cours de bourse de Renault sous-performait le secteur de 62%... Sur le même modèle, on retrouve également Ben Verwaayen, CEO d'Alcatel-Lucent. Entre 2007 et 2011, le salaire de ce patron a bondi de 69%, à 3,72 millions d'euros) pendant que le titre de sa firme sous performait le secteur de 71%. Sa retraite chapeau s'élève, elle, à 850 000 euros.
Pour contrebalancer ces mauvais exemples, il y a les meilleurs élèves, ou, tout du moins, les moins pires. D'abord Franck Riboud, sous lequel Danone a augmenté de 10% sa rentabilité tandis que son cours de bourse sous-performait de 27%. Le salaire du P-dg a dans le même temps été réduit de 40% (4,34 millions d'euros). Dans la catégorie de la rentabilité, on retrouve également le patron de Technip, Thierry Pilenko. Le cours de bourse de sa société a surperformé le secteur de 80%, tandis que sa rentabilité bondissait 19%. Toutefois, le salaire du P-dg a augmenté de 686%, à 9,6 millions d'euros, auxquels il faut ajouter 330 000 euros de retraite chapeau.
Entre les deux, on retrouve la catégorie "décorrélation relativement élevée". Par exemple, Henri de Castries a vu son salaire baisser de 71% entre 2007 et 2011 pour s'établir à 4,25 millions d'euros. Sur la même période, l'action sous-performait le secteur de 34%. A noter que le président du directoire de l'assureur a une retraite chapeau estimée à 950 000 euros. Dans un autre exemple, Laurent Mignon de chez Natixis n'a pas de retraite chapeau. Mais sa rémunération a augmenté de 63%, à 1,48 million d'euros, pendant que le cours de bourse de la banque sous-performait le secteur de 44%.
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17/09/2021 - 10:31

