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OPA de Total sur Saft : un pas de plus vers le renouvelable
« Un des challenges qu’ont les renouvelables pour pouvoir se développer de façon massive, c’est notamment le stockage de l’électricité. » Pour Patrick Pouyanné, numéro un du géant pétrolier français, cité par Le Figaro, l’objectif est clair : il faut absolument « maitriser cette technologie » pour devenir « un des maillons clés » des renouvelables. C’est ce qui justifie l’acquisition de Saft, le fabricant français de batteries haute technologie et l’un des leaders de son secteur.
Pour ce faire, Total offre un prix unitaire de 36,50 euros pour l’ensemble des actions Saft, soit une prime de 38,3% sur le cours de clôture de vendredi (26,40 euros). Le titre a d’ailleurs été suspendu ce lundi, alors que le groupe pétrolier vise un retrait de la côte, à terme. L’opération est amicale, le conseil de surveillance de Saft ayant déjà approuvé cette offre et ses conditions.
Cette opération relance non seulement la dynamique des OPA, mais aussi la stratégie de Total qui vise à se positionner progressivement sur les énergies renouvelables. Le groupe avait déjà racheté en 2011 le fabricant américain de panneaux et de centrales solaires SunPower. Or, Patrick Pouyanné est déjà « convaincu qu’au sein de son entreprise, SunPower et Saft vont se parler pour développer ensemble des solutions pour leurs clients ».
La stratégie s’était précisée à la mi-avril : Total avait annoncé la création d’une nouvelle branche d’activités, consacrée au gaz, à l’électricité et plus généralement aux énergies renouvelables. Dans son ambition « One Total » à 20 ans, le groupe souhaitait porter ces activités à 20% de son portefeuille. L’enjeu n’est pas seulement de « faire face à la volatilité des cours du baril », mais aussi « d’intégrer le défi du changement climatique, et l’évolution du mix énergétique qui va en découler », comme l’a récemment indiqué Patrick Pouyanné, ajoutant que « la seule activité exclue est celle du nucléaire.
L’opération est également une bonne nouvelle pour Saft, qui a publié, à la mi-avril, des revenus en baisse de 4,9% au titre du premier trimestre, à 172,5 millions d’euros, sévèrement impactés par le « ralentissement des dépenses des acteurs du secteur pétrolier ». Son président du directoire Ghislain Lescuyer, n’en demeurait pas moins optimiste en anticipant une amélioration sensible des ventes au cours du 2eme trimestre. En novembre dernier, la société avait déjà annoncé la couleur en réduisant de moitié ses prévisions de croissance, dans le cadre de son plan stratégique « Power 2020 ». A l’horizon 2019, elle tablait ainsi sur un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros et une marge d’Ebitda de 16%.
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