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exclusif Bill Gross annonce -encore- le krach obligataire

EXCLUSIF. Alors que le rendement des junk bonds américains est pour la première fois situé sous les 5%, le patron de PIMCO annonce que la phase "bullish" des obligations va bientôt prendre fin.
Faut-il s'inquiéter de l'éclatement d'un nouvelle bulle sur les marchés financiers ? Quelques jours après les déclarations de Warren Buffett, jugeant qu'à l'heure actuelle les obligations sont "de terribles investissements", c'est maintenant au tour de Bill Gross d'annoncer la fin de l'ère obligataire. Le fondateur et dirigeant de PIMCO -le plus grand fonds obligataire au monde avec 2 000 milliards de dollars sous gestion- a déjà indiqué plusieurs fois par le passé que les détenteurs d'obligations pourraient subir de lourdes pertes en cas d'augmentation des taux d'intérêt. En octobre 2010, Mr Gross avait déjà annoncé une première fois -à tort- la fin de trois décennies "bullish" sur le marché obligataire. Une éventualité qui restait jusqu'à présent peu probable, tant la Fed mène une politique ultra-accommodante, en maintenant les taux d'intérêt à un niveau proche de zéro. Ces déclarations interviennent pourtant au moment où le rendement moyen des junk bonds américains -obligations spéculatives- a atteint son plus bas niveau historique à 4,97%, selon l'indice high yield US de Barclays. "La chose la plus surprenante que cela démontre, c'est qu'il n'y a pas vraiment de niveau plancher de rendement pour ce marché", explique Brad Rogoff, responsable de la stratégie crédit de la banque britannique. Le patron de PIMCO précise toutefois que la baisse des prix des obligations ne "devrait pas intervenir en 2013", et qu'il faudra attendre une reprise de la croissance économique et une augmentation de l'inflation pour qu'elle se matérialise. Dans la dernière édition de ses perspectives d'investissement, intitulée "There will be haircuts", Mr Gross écrivait "le conseil est de continuer à participer à la bulle créée par la banque centrale, mais de réduire progressivement les positions de risque cette année et peut-être au-delà". Dans ce sens, l'intéressé, faisant preuve d'opportunisme, a augmenté ses positions dans les bons du Trésor américains, qui atteignent 39% de son fonds Total Return en avril, contre 33% en mars. Les risques d'un krach obligataire sont d'autant moins écartés que se profile la fin prochaine des mesures extraordinaires de la Banque Centrale américaine pour soutenir l'offre de crédit, ce qui aurait pour effet de faire grimper les rendements et de faire baisser fortement le prix des obligations. Tout cela pourrait -trois ans plus tard- donner enfin raison à Bill Gross.
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