Les cinq alternatives au crédit bancaire
EXCLUSIF.
Les sociétés qui pâtissent de la contraction des prêts bancaires, et sont trop petites pour le marché obligataire, se rabattent sur de nouveaux modes de financement, certes plus coûteux.
Retoquées par des banques dont les contraintes de fonds propres sont de plus en plus exigeantes, les PME et TPE doivent se montrer imaginatives dans leur mode de financement. Celles-ci n'ont pas la taille suffisante pour s'adresser directement au marché obligataire, et de nouveaux canaux se sont donc mis en place, même s'ils restent plus restreints et coûteux que les crédits bancaires classiques.
Tout d'abord, le factoring. Les sociétés vendent leurs créances clients ou leurs factures à une société de factoring qui verse 80 à 90% de la somme, et le reste quand le dû est payé. Certains prêtent même à partir de bons de commande, de contrats ou de stocks. Pour les bons de commande (où l'emprunteur doit avoir une bonne qualité de crédit), les frais sont de 4 à 5% par mois, tandis que le taux d'intérêt annuel de l'affacturage est en général de 18 à 30%. En France, BNP Paribas et Natixis ont leur service d'affacturage, ou bien encore General Electric avec GE Factofrance ou Eurofactor.
Deuxième option: le lease-back. Une société vend son actif immobilier ou ses équipements à une société de crédit-bail, qui le remet immédiatement à sa disposition par une opération de crédit-bail. Le vendeur vend ses actifs au prix de marché et les loue aussi au taux de marché, pour 10 à 25 ans. Le crédit-bail d'un équipement est moins avantageux car il faut prendre en compte sa dépréciation, donc la valeur liquidative du bien, et s'acquitter de la taxe sur les plus-values si l'emprunteur en tire de la vente.
Troisième voie: les acomptes sur trésorerie. La société emprunte alors une certaine somme qu'elle rembourse au fur et à mesure qu'elle encaisse des transactions de cartes bancaires. Le prêteur se rembourse par un taux sur ces revenus, auquel s'ajoute une commission qui peut atteindre 20% et plus mais est très variable, en fonction de la qualité de l'emprunteur.
Certaines activités saisonnières ou micro-entreprises peuvent aussi avoir recours à des prêts non bancaires. L'emprunteur verse alors un pourcentage de ses revenus mensuels (ex: 2 à 8%) via des prélèvements sur son compte bancaire, et donne des warrants sur 1 à 5% du capital de la société. Les frais peuvent osciller entre 8%, pour les prêts les plus modestes, et plus de 30% annuels.
Enfin, la solidarité peut parfois jouer, avec les prêts "peer-to-peer", où des investisseurs individuels prêtent à de petites structures via des plateformes. Les taux vont de moins de 7% à plus de 25% en fonction de l'emprunteur, mais les sommes sont plus faibles.
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