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exclusif Déductibilité des intérêts d'emprunts, qui va trinquer ?

EXCLUSIF. Les sociétés les plus endettées vont être les plus impactées par le projet, selon le Crédit Agricole. Il s'agit, par exemple, d'entreprises sous LBO (Pages Jaunes), de firmes d'investissement (Eurazeo) etc.
Le projet de limitation de la déductibilité des intérêts d'emprunts "aura un impact évident sur la rentabilité des sociétés endettées" qui sont les premières bénéficiaires de cet avantage, selon une étude publiée vendredi par le Crédit Agricole. Pour rappel, le gouvernement, qui souhaite inciter les entreprises à se financer plus par fonds propres qu'en ayant recours aux banques, a prévu que les intérêts d'emprunt ne soient plus déductibles qu'à 85% en 2013 et à 75% en 2014. Le problème est que les sociétés qui s'endettent ne sont pas forcément des sociétés qui coulent. "Il peut s'agir par exemple de sociétés sous LBO, ou ayant une stratégie d'acquisition ou portant de l'immobilier ou des infrastructures. Mais il peut également s'agir d'entreprises exerçant leur activité dans un secteur très capitalistique ou nécessitant de lourds stocks...", précise la note. Crédit Agricole a d'abord dressé une liste de firmes en fonction de leur compte de résultat. En tout, une quinzaine de sociétés cotées dont le chiffre d'affaires dépasse les 300 millions d'euros ont un leverage (dette nette/sur EBITDA) supérieur à 5. "Celles d'entre elles qui dégagent suffisamment de résultat pour être impactées par la réforme, verront leur capacité d'autofinancement amputée en moyenne de 7%. " C'est le cas d'entreprises qui portent des murs, comme Genica, Foncière des Régions, Klépierre, Orpea, Korian. Il y a également celles qui portent d'importants stocks, tels que Peugeot, Vranken ou Lanson. Wendel, en tant que société d'investissement est également citée. A ne pas confondre avec les porteuses de LBO (Eiffage, Pages Jaune) ou des sociétés peu rentables ou en difficultés (Eurodisney, Eurotunnel, Air France KLM). En ce qui concerne le cours de bourse, douze sociétés (toujours sur la base de 300 millions d'euros de CA), ont un ratio dette sur fonds propres (gearing) supérieur à 2. Parmi elles, on retrouve encore Vranken, Lanson, Peugeot, Pages Jaunes, Eiffage, Eurodisney, Wendel et Air France KLM. Viennent aussi s'ajouter à la liste des sociétés ayant une activité capitalistique comme Sequana ou Veolia Environnement. Le groupe Rallye a également son nom ajouté à liste. Enfin, Eurazeo (firme d'investissement) vient compléter le tableau. "L'impact théorique sur le cours des 7 sociétés qui dégagent suffisamment de résultat pour être impactées par la réforme est en moyenne de 30%".
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