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exclusif Menace sur la note belge

EXCLUSIF. Les taux du pays se sont tendus après que Fitch a révisé la perspective du pays de stable à négative, principalement en raison du risque politique qui pèse sur le royaume.
Le taux d'intérêt des obligations belges à dix ans s'est tendu de trois points de base ce matin, à 4,24% contre 4,21%, tandis que les primes de risque augmentaient de 5 pb à 160 pb, après l'annonce de Fitch hier soir. L'agence de notation a révisé la perspective du petit royaume de stable à négative à moyen terme, ce qui signifie qu'elle pourrait abaisser la note - aujourd'hui AA+ - dans les deux années à venir. Principale raison d'inquiétude de Fitch: l'absence de gouvernement et la persistance de la crise institutionnelle, qui risquent de gêner la consolidation budgétaire du pays. Selon l'agence, la Belgique ne parviendra pas à des comptes publics à l'équilibre sans un accord politique sur la réforme de l'Etat et notamment celle de la sécurité sociale. "Le pays est confronté au vieillissement de sa population, dont le coût représentera 6,3% du PIB entre 2010 et 2060. Or pour le moment, ce coût est entièrement pris en charge par le gouvernement fédéral. La réforme de l'Etat permettrait d'en transférer une partie vers les gouvernements régionaux et ainsi de mieux équilibrer les comptes publics ", explique Steven Vanneste, économiste chez BNP Paribas Fortis. D'où la nécessité pour le pays de trouver un compromis politique rapidement. Sans quoi, le niveau de déficit de l'Etat fédéral ne cessera d'augmenter chaque année. L'agence reconnaît toutefois qu'en dépit de l'absence d'un gouvernement, la gestion budgétaire a été solide, ce qui devrait permettre au pays d'atteindre son objectif de réduction du déficit de 3,6% du PIB cette année, contre 4,1% l'année précédente. La mise en garde de Fitch intervient 6 mois après celle de S&P fin décembre, et ne devrait pas perturber les marchés outre mesure. Même si, selon une étude d'ING, la crise politique coûte au moins 30 points de base à l'Etat, obligé d'emprunter à un taux plus élevé qu'auparavant. Cela ne constitue pas encore un obstacle au refinancement du trésor belge. Selon Steven Vanneste, la Belgique est à l'heure sur son calendrier d'émissions obligataires. Elle a réalisé 63% de son programme de refinancement pour 2011et il lui reste 34 milliards d'euros à lever d'ici la fin de l'année.
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