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exclusif Les banques américaines gourmandes de dette euro

EXCLUSIF. Elles ont financé 10% des crédits européens cette année. Une tendance qui s'accentue, alors que leurs pairs européennes réduisent leurs bilans et peinent à se financer en dollars.
C'est un mouvement timide pour le moment, mais qui pourrait prendre des proportions bien plus importantes dans les mois et années à venir. Selon les dernières données Bloomberg, les banques américaines ont financé 10% des 860 millions de dollars de crédits européens arrangés cette année, contre 8% l'an passé. Les trois principales banques ont perdu du terrain (15% contre 16,5% en 2010, le plus bas niveau depuis 2006) et surtout Société Générale, qui passe en sixième position du classement alors que ses concurrentes gardent les deux premières places. Première raison invoquée: l'assèchement du financement en dollars, qu'expérimentent toutes les grandes institutions du Vieux Continent. Le swap euro/dollar à trois mois a chuté à -113 points de base, contre -27 pb à fin juin, ce qui témoigne de la difficulté de se procurer du billet vert et handicape le financement des commodities, des activités de trading et d'export (flottes d'avions) par les banques européennes, par exemple. Deuxième cause: la régulation de Bâle 3 et l'impact des décotes sur les créances souveraines des pays périphériques. BNP Paribas et Société Générale ont ainsi choisi de ne pas procéder à des appels au marché, mais plutôt de réduire la taille de leurs bilans de 300 milliards d'euros d'ici à 2013. Cela passe par 10 milliards d'euros de cessions d'actifs et de restrictions d'activités. La sanction ne s'est pas faite attendre: BNP Paribas a perdu sa place de leader des prêts en dollars cette année, remplacée par JP Morgan. Le marché est pourtant juteux: selon Barclays, les entreprises de catégorie spéculative émettront entre 180 et 200 milliards de dollars d'obligations et 150 à 175 milliards de dollars de prêts leveragés en 2012. Des besoins qui ont un coût pour tous: le spread moyen payé pour une société investment grade est désormais de 91,6 pb au-dessus du benchmark, contre 84,4 pb au premier semestre 2011. Et la marge d'intérêt des crédits LBO atteint 434 pb, contre 419 pb plus tôt cette année.
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