La maison mère de S&P poursuit sa mue
EXCLUSIF.
Le président de S&P, Deven Sharma, quitte le navire alors que la maison mère de l'agence de notation continue de réorganiser son groupe.
The McGraw-Hill Companies, la maison mère de Standard & Poor's a annoncé aujourd'hui le départ du président de l'agence de notation depuis 2007, Deven Sharma. Il sera remplacé par Douglas Peterson, l'actuel chief operating officer de Citibank, filiale de Citigroup.
Selon le Financial Times, qui a révélé l'information, ce départ était prévu depuis plusieurs mois. Il n'est pas lié aux enquêtes sur S&P, révélées après la dégradation des Etats-Unis par l'agence, mais à la réorganisation du groupe qui a réduit les attributions de Deven Sharma.
Le communiqué du groupe souligne en effet que sa révérence fait suite à la scission de Standard & Poor's en deux organisations séparées : l'agence de notation S&P et McGraw-Hill Financial, service de recherche et d'analyse de données à destination des investisseurs.
Cette division annoncée l'année dernière n'est qu'un aspect de la réorganisation du groupe qui s'est déjà séparé de BusinessWeek et a annoncé son intention de vendre ses chaînes de télévision. Selon un article récent du Wall Street Journal, le groupe, emmené par Harold McGraw III, a mandaté une banque pour déterminer le futur de ses activités d'édition de supports éducatifs.
Au début du mois dernier, deux fonds actionnaires de McGraw-Hill, Jana Partners et Ontario Teachers' Pension Plan ont augmenté leur participation au capital à 5,2%. La famille McGraw possède actuellement 4,7% du groupe. Selon le WSJ, cette opération pourrait préfigurer une division de celui-ci alors que l'activité "éducation" est critiquée par certains pour tirer vers le bas ses résultats.
Douglas Peterson, était CEO de Citigroup Japon après avoir été auditeur en chef du groupe. Avant de rejoindre The McGraw-Hill Companies en 2002, Deven Sharma était consultant pour le cabinet Booz Allen.
Le 5 août dernier, S&P dégradait la note des Etats-Unis de AAA à AA+, déclenchant la colère du gouvernement américain. Depuis, le Financial Times a révélé que la SEC s'interrogeait sur d'éventuels délits d'initiés au moment de la dégradation. Par ailleurs, S&P fait l'objet d'une enquête du Department of Justice à propos de la notation d'obligations adossées à des crédits hypothécaires. A ce sujet, la SEC s'intéresse aussi aux activités de S&P et Moody's.
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