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exclusif La frénésie des marchés impacte la vente à découvert

EXCLUSIF. Les hedge funds affichent un rendement moyen de 7,7% à fin juillet, loin du S&P 500. En cause: la vente à découvert, la surperformance des valeurs shortées étant la plus importante depuis dix ans.
L'indice américain Russell 3000 enregistre depuis le début de l'année un rendement moyen de 18,3%. Une belle performance en soi mais dans le même temps, les 100 titres les plus shortés au sein de l'indice ont surperformé, progressant de 33,8% au 16 août. L'écart de rendement entre le marché et les titres les plus shortés n'a jamais été aussi vaste depuis une décennie. Les hedge funds n'ont rendu que 7,7% en moyenne à fin juillet contre 19,6% pour le S&P 500, dividendes compris. si la sous-performance des hedge funds est logique en pérode haussière, l'écart est particulièrement élevé. Pour certains gestionnaires, la dynamique actuelle n'est pas sans rappeler les derniers jours de la bulle Internet, quand les actions de nombreuses sociétés du Web continuaient de progresser en dépit de valorisations déjà élevées. Andrew Left, de Citron Research, fait partie des short-sellers qui subissent de plein fouet la frénésie haussière des marchés. Ce dernier avait parié le mois dernier contre Tesla Motors, pionnier des véhicules électriques outre-Atlantique. Or le titre a gagné plus de 300% cette année, avec notamment une hausse de 32% depuis le 28 juin. Comme cela s'est produit avec l'éclatement de la bulle internet, Andrew Left et d'autres gestionnaires estiment toutefois qu'à terme, leurs positions seront confirmées par les marchés. Pendant ce temps, certains hedge funds affichent des résultats médiocres. Dialectic Capital Management a ainsi récemment fait part à ses investisseurs d'une baisse de 13,3% de son fonds. En conséquence, il a commencé à liquider ses positions courtes pour se concentrer sur des investissements plus rémunérateurs. "Nous ne pouvons pas attendre que le marché réalise que nous avons raison," justifie la lettre aux investisseurs. Même les fonds qui ont mieux évolué ont vu leurs résultats amputés par leurs positions courtes. Lakewood Capital Management, qui pèse 2,1 milliards de dollars, a ainsi eu un rendement de 0,1% au deuxième trimestre ; les gains du fonds ayant en grande partie été annulés par les pertes sur les positions courtes. "La période est délicate pour la vente à découvert", reconnaît Anthony Bozza, fondateur de Lakewood. Et de préciser que de "nombreuses valeurs progressent sans justifications tangibles". Mais il persiste aussi, estimant qu'il a déjà "souvent vu des actions sur lesquelles il était court progresser, avant de s'effondrer de façon spectaculaire." Désormais, les vendeurs à découvert attendent la fin du programme de rachats massifs d'actifs de la Réserve Fédérale, espérant que cela orientera certains titres shortés à la baisse.
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