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Le private equity a la cote, aux dépens des hedge funds
Les taux bas sont un casse-tête pour les argentiers du monde entier, qui doivent redoubler d’initiatives pour espérer enregistrer un rendement correct. Selon le baromètre Coller Capital réalisé après une enquête auprès de 110 investisseurs institutionnels (fonds de pension, gérants d’actifs, assurances, fonds souverains etc), un tiers des fonds de pension et assureurs jugent qu’ils n’atteindront pas leur objectif de rentabilité dans les trois à cinq ans, sauf changement important de la situation économique ou de leur modèle. Ils sont pourtant très satisfaits des rendements apportés par le non coté : 77% d’entre eux estiment que le private equity leur rapportera plus de 11% par an à moyen terme et environ 20% le voient même atteindre plus de 16%. « L’appétit des investisseurs pour le private equity ne s’essouffle pas », selon Stephen Ziff, associé chez Coller Capital. « Cela tient à la constance et la longévité du private equity comme classe d’actifs. Plus de 11% de retour annuel pour un portefeuille de private equity, dans un environnement de taux bas, c’est très fort », ajoute-t-il. En Europe, la principale menace est bien sûr le scénario d’un « hard Brexit », qui aurait un impact négatif sur le rendement (37%) et sur l’Union européenne en général (64%).
Pour optimiser leur performance, les Limited Partners ont une gestion active de leurs capitaux : près de la moitié (47%) d’entre eux envisagent d’augmenter leur allocation aux infrastructures, considérées comme une classe d’actifs peu risquée et cyclique. Près de 40% ambitionnent d’investir davantage au private equity, et cela se fera au détriment des hedge funds puisque 36% des investisseurs ont prévu de restreindre leur exposition aux hedge funds dans les trois à cinq ans. Cela est lié aux performances décevantes de ces investisseurs alternatifs sur les marchés, mais aussi aux importantes commissions qu’ils prélèvent, et les rémunérations astronomiques des gérants stars largement médiatisées.
Si les institutionnels ont eu tendance à restreindre le nombre de fonds de private equity avec lesquels ils collaborent, ils semblent désormais plus ouverts : près de 80% d’entre eux ont l’intention de former plus de cinq nouvelles relations avec des gérants dans les trois prochaines années, selon le baromètre Coller Capital. Ils comptent également exploiter le secondaire, que ce soit à l’achat (49%) ou à la vente (37%). Mais aussi bien sûr investir en direct, grâce aux équipes qu’ils vont former sur le segment non coté. 71% des fonds souverains et 70% des fonds de tiers gérés par des banques ont l’intention d’augmenter la taille de leurs équipes private equity en interne. Les opportunités d’investissement en direct ou de co-investissement sont d’ailleurs les premières citées par les LPs (92%), devant les nouvelles opportunités (72%) pour ces pourvoyeurs de fonds.
Car les institutionnels sont ouverts aux nouvelles stratégies comme celles orientées sur les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance), mais 80% d’entre eux considèrent que l’investissement social est approprié seulement si cela ne conduit pas à une baisse des rendements. Ils vont continuer à privilégier le non coté dans les pays développés (39%), certains se lançant même dans des sous segments du private equity comme l’immobilier (49%) ou l’infrastructure (48%). Enfin, après plusieurs trimestres de distributions record en raison d’un contexte favorables aux sorties, les LPs s’attendent à ce que les distributions ralentissent dans les deux prochaines années (41%). Mais au vu de la montagne de « poudre sèche » dont dispose déjà la classe d’actifs, le private equity devrait avoir les moyens de ses ambitions pour un moment.
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