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Trois options pour annuler le Brexit

Certains Britanniques espèrent encore que la sortie du Royaume-Uni n'aura pas lieu, un an et demi après le fameux référendum du 23 juin. Trois options pourraient effectivement permettre d'éviter le Brexit. 
David Cameron
David Cameron

David Cameron, qui avait promis la tenue d'un référendum sur l'appartenance de son pays à l'UE si les conservateurs emportaient les élections en juin 2015, a sans doute réalisé l'une des plus belles bourdes politiques de l'histoire britannique. Car l'ex-Premier ministre, qui misait sur une campagne victorieuse pour rester dans l'Europe a vu l'opinion publique se détourner progressivement de ses arguments, aboutissant à la décision d'une courte majorité d'entre eux de sortir, le 23 juin 2016.

Theresa May, qui a repris le flambeau quelques semaines plus tard n'est pas dans une situation politique tellement plus enviable : après avoir décidé de tenir des élections anticipées en juin 2017, la Premier ministre et chef des conservateurs a perdu la majorité qu'elle détenait au Parlement. Le pays est donc embourbé dans une situation politique des plus compliquées, alors qu'il doit dans le même temps mener les négociations sur le Brexit et qu'aucune solution ne semble pour le moment émerger. Certains observateurs misent sur cette fragilité politique pour un retournement de situation, qui permettrait de revenir sur la décision des Britanniques de sortir de l'UE. Trois options sont possibles pour qu'un tel scénario se produise, selon Bloomberg. Mais toutes partent du postulat que Theresa May tout comme son prédécesseur, quitte son siège de Premier ministre et la scène politique. Ce qui signifierait que de nouvelles élections anticipées aient lieu, moins d'un an après celles de juin 2017.

Premier cas de figure donc, le parti travailliste l'emporte à l'issue de trois nouveaux mois de campagne, où les Tories ne parviennent pas à unifier leurs idées derrière un nouveau leader. Pendant ces trois mois de campagne, Bruxelles multiplie les liens avec le chef des travaillistes Jeremy Corbyn pour garantir qu'il ne reviendra pas sur ce qui a déjà été négocié. Mais malgré cela, les entreprises commencent à délocaliser leurs activités sur le Vieux Continent par crainte de mesures fiscales confiscatoires et alors que négociations avec le nouveau gouvernement travailliste patinent. La livre plongerait et l'économie britannique entrerait en récession, ce qui inciterait les syndicats travaillistes -principaux mécènes du parti- à faire pression pour mettre en place un second référendum sur le Brexit. Et les Anglais devraient cette fois-ci voter pour rester dans l'UE après avoir observé le marasme économique déclenché par le départ des entreprises.

Deuxième cas de figure après le départ de Theresa May, les conservateurs finissent par choisir un chef de file pro "Remain" et unissent leurs points de vue, après trois mois de lutte intestine, ayant entraîné la relocalisation de nombreuses entreprises UK en Europe, la chute de la livre et un début de récession. Ils remportent les "snap elections" mais inquiets de la tournure économique du pays, ils s'allient au Parlement avec les libéraux démocrates et réclament eux aussi un second référendum. 

Troisième option politique envisagée, c'est un partisan du Hard Brexit (Boris Johnson par exemple !) qui prend la tête des Tories, les négociations tournent court et les conservateurs se divisent de nouveau sur la décision finale à prendre. Dans ce cas, un nouveau parti composé de conservateurs plus jeunes et europhiles émerge et forme une alliance avec les libéraux démocrates. Ils font campagne pour rester dans l'UE et négocier de nouvelles conditions avec Bruxelles. Ils emportent les élections anticipées et reprennent les discussions avec l'UE pour retourner dans l'UE, sans même passer par la case référendum. 

Si ces trois scénarios paraissent aujourd'hui irréalisables, la fragilité politique de Theresa May, dont de plus en plus de membres de son propre parti souhaitent le départ, ouvre un champ de possibilités politiques assez grand dans les prochains mois. Mais tout repose sur sa décision ou non de rester au pouvoir, ou, comme David Cameron, d'abandonner la bataille et de laisser la tâche des négociations à un autre.

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