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Brexit : le parti travailliste veut ré-écrire toute la loi
Alors que les députés de la chambre basse britannique ont adopté ce mercredi le projet de loi gouvernemental sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE, la première ministre pourrait être confrontée à la fronde des membres de la chambre haute, qui doivent désormais se prononcer sur le texte. Theresa May n'a pourtant pas eu de mal à faire valider le projet cette semaine, adopté à 324 voix contre 295, disposant d'une courte majorité conservatrice et grâce à son alliance avec le parti nord irlandais.
Mais la Chambre des Lords ou chambre haute, où les travaillistes sont majoritaires et très pro-européens, pourrait remettre en cause le texte, qui devait normalement mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit national britannique et intégrer toute les lois communautaires dans le droit anglais. Angela Smith, chef de file des lords travaillistes, a ainsi expliqué dans une interview à Bloomberg, que son camp préparait une série d'amendements destinés à reficeler le texte sur trois sujets essentiels: la date de sortie de l'UE, l'interdiction pour le gouvernement de diverger des lois européennes sans consulter le Parlement préalablement, et enfin la fin de la suprématie juridique de la Cour de Justice Européenne.
"Nous allons amender la loi de façon à ce qu'elle permette de garantir une période de transition plus sûre que ce qui est actuellement le cas", a déclaré Angela Smith. "Le but général est que la transition fonctionne et non pas qu'il y ait une seconde sortie de route sans contrôle, après la période tampon". La loi sur le retrait de la Grande-Bretagne est critique pour la première ministre, puisqu'elle doit éviter un vide juridique une fois le pays sorti de l'UE. En décembre dernier, Theresa May avait subi un sérieux affront de la part d'une partie des conservateurs, qui s'étaient ralliés à l'opposition, exigeant que le Parlement soit consulté sur l'accord final trouvé avec Bruxelles, avant que le pays ne puisse sortir de l'Europe.
Sachant que le calendrier est de plus en plus serré pour la première ministre, qui doit entamer la seconde phase des négociations avec Bruxelles, sur l'avenir des relations commerciales avec l'UE à la fin du mois et devra avoir trouvé un compromis d'ici au mois d'octobre prochain. Le débat à la Chambre des Lords commencera à peu près au moment de la première rencontre européenne sur le Brexit. Si la travailliste Angela Smith a affirmé qu'elle ne cherchait pas du tout à remettre en cause le processus de sortie de son pays, elle a en revanche déclaré que son parti se réservait le droit de rejeter le texte de l'accord final, s'il le jugeait décevant. Selon elle, le compromis devra notamment protéger les emplois et les droits des travailleurs européens et faciliter la poursuite du business pour les entreprises.
Et si les travaillistes emportaient les prochaines élections, prévues en 2022 mais qui pourraient avoir lieu avant en cas de dissolution du Parlement, le parti pourrait réfléchir à une autre option que la sortie de l'UE, en fonction du texte du compromis, a affirmé la lord travailliste. L'incertitude est donc toute aussi grande que l'an dernier pour les entreprises basées en Grande-Bretagne, qui pourraient décider de rapatrier leurs activités avant de connaître l'issue des discussions...
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