Les fees des banques européennes ont pâti des PIIGS
EXCLUSIF.
La crise de la dette souveraine en zone euro a fermé la porte aux opérations de marché, obérant les rémunérations des banques d'investissement.
Contrairement aux prévisions optimistes du début d'année, lorsque les OPA hostiles revenaient en force et que des IPO étaient envisagées, 2010 n'a pas été un millésime doré pour les banques d'investissement européennes.
Selon Freeman & Co, ces dernières on vu leurs revenus baisser de 10% cette année, à 21,9 milliards de dollars, alors que dans le même temps, les banques asiatiques et américaines ont vécu une année dynamique, où les fees ont grimpé respectivement de 17% (17,7 milliards de dollars) et 23% (41 milliards). A ce rythme, l'Asie dépasserait même l'Europe en termes d'activité des banques d'investissement en 2011.
La crise grecque et le sauvetage du pays ont dès le mois de février attisé les tensions, les marchés spéculant sur le même type d'intervention en faveur de l'Irlande, de l'Espagne et du Portugal. Les inquiétudes sur l'avenir de la zone euro et surtout sur l'impact des politiques d'austérité engagées sur la croissance du Vieux Continent ont incité les entreprises à redoubler de prudence. Celles-ci ont alors reporté leurs projets de fusions-acquisitions, et les investisseurs ont été beaucoup moins friands d'introductions en bourse, d'augmentations de capital ou d'émissions obligataires.
Les acquisitions impliquant des sociétés européennes ont chuté de 16% à 532 milliards de dollars cette année, et les ventes d'actions ont été plus que divisées par deux, à 51 milliards de dollars, selon Bloomberg. Idem pour les émissions obligataires: seuls 602,7 milliards d'euros d'obligations ont été émis, soit 43% de moins qu'en 2009. Ceci ne vaut en revanche pas pour le compartiment high yield, qui a plus que doublé ses revenus (1,6 milliard de dollars).
Dans ce contexte, les prévisions pour 2011 restent fortement dépendantes des décisions politiques qui seront prises concernant la zone euro et les pays fragiles. Les marchés ont récemment été boostés par l'annonce de l'aide à l'Irlande, l'Eurostoxx 600 s'est adjugé 6% sur un gain de 10% pour l'année, et les transactions sont à nouveau en hausse. Etant donné l'optimisme des analystes sur les marchés actions pour l'an prochain, c'est sur ce créneau que les banques d'investissement devraient aller chercher en 2011 les fees qu'ils n'ont pas eues cette année.
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17/09/2021 - 10:31

