S&P félicite les PIIGS
EXCLUSIF.
L'agence de notation a publié une note dans laquelle elle souligne les progrès considérables des Etats périphériques en termes de compétitivité. La Grèce est encore à la traîne.
Pour une fois qu'une agence de notation rédige une note pour féliciter les efforts des Etats les plus rigoureux, il serait dommage de ne pas le souligner ! Standard & Poor's a publié ce matin un document où elle revoit ses " modèles de mesure des progrès en termes de rééquilibrages " (Rebalancing Progress Metric) qui met en valeur les avancées considérables des pays périphériques pour regagner en compétitivité. Cet indice est composé de l'addition des changements des ratios dette/PIB et des variations des niveaux d'exportations depuis la crise de 2008 auxquels sont soustraits les ajustements du marché du travail sur la même période. L'agence a pris en compte dans ses calculs les données des quatre pays dont le ratio dette/PIB était le plus élevé avant 2008.
Cet indice global est bien plus élevé en 2012 qu'en 2011, confirmant l'accélération du rééquilibrage, notamment grâce à une baisse de la demande intérieure et une réduction des coûts du travail. L'Irlande est l'Etat dont les résultats sont les meilleurs selon l'indice RPM de S&P qui atteint 15,5, soit le plus haut niveau des cinq pays passés à la loupe (Grèce, Espagne, Irlande, Portugal et Estonie). L'Irlande a bénéficié d'une très forte baisse de son coût unitaire du travail (de 15% en quatre ans). Et ceci grâce à une réduction du salaire des fonctionnaires et du secteur privé. Le pays a également tiré parti d'un afflux de capitaux résultant d'investissements directs sur son territoire, représentant en moyenne entre 6% et 10% du PIB par an depuis 2008. Seule l'Estonie a réussi à attirer des investisseurs dans les mêmes proportions parmi les Etats passés au crible de l'agence.
L'Espagne a également obtenu une bonne note de la part de l'agence, avec un indice de rééquilibrage de 10,7 contre 7,1 en 2011. Ses niveaux d'exportation sont de 19% supérieurs à ceux de 2008, " une performance remarquable pour une économie de cette taille ", expliquent les analystes. Le coût unitaire du travail s'est sensiblement réduit, même si une partie de cette amélioration provient malheureusement d'une forte hausse du taux de chômage. " L'Espagne est relativement à la traîne en termes de dévaluation interne, avec des salaires qui sont stables depuis 2011 ", expliquent les analystes.
Le Portugal et la Grèce sont un peu plus loin derrière, concernant ce même indice de rééquilibrage. Mais notons tout de même que le premier est parvenu à multiplier par deux son RPM, qui est passé de 4,4 à 8,9, grâce à une hausse des exportations en direction de l'Amérique du Sud et des anciennes colonies. Elles devraient atteindre 40% du PIB du pays en 2013 selon les prévisions des analystes. Le rééquilibrage grec est en revanche encore très incomplet selon S&P. Même si l'indice se situe désormais à 4,1 contre -1,2, c'est surtout en raison d'une forte baisse de la demande intérieure, puisque la Grèce est un pays principalement importateur.
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