Les renflouements bancaires favorisent-il la prise de risque?
EXCLUSIF.
Selon le FMI, le soutien des Etats au secteur bancaire a des effets "ambigus". Durant la crise, les liens entre aide financière aux banques et prise de risques sont actés. D'autres options sont possibles.
"Les exigences réglementaires de capital et les pouvoirs de supervision accrus n'ont pas réussi à limiter la prise de risque à cause du soutien des gouvernements aux banques". Telle est la conclusion à laquelle arrivent les auteurs d'un document de travail publié ce mois-ci par le FMI à la suite d'une étude menée sur les liens entre les risques pris par les banques et les garanties (réelles ou implicites) que leur apportent les Etats.
Les analystes se sont notamment appuyés sur des données de Moody's et de Fitch couvrant les années 2003-2004 et 2009 -2010 pour dégager des tendances. Comparé à il y a dix ans "dans la période de crise, le soutien des gouvernements est associé à une plus grande prise de risque des banques".
Le document rappelle que les effets de l'aide aux banques sont "ambigus". D'un côté, le soutien des Etats accroît le "hasard moral". C'est-à-dire qu'il pousse les dirigeants des établissements à faire croître le groupe par endettement, le rendant trop gros pour faire faillite. Il réduit également l'influence des investisseurs dits extérieurs (déposants, créanciers, actionnaires). D'un autre côté, un soutien des pays permet de réduire le coût de financement des institutions financières, "ce qui augmente la marge d'intérêt et accroît les valeurs de la Charte des banques, et conduit les banques à prendre moins de risques pour protéger leurs futures rentes".
Quelle serait alors la bonne solution ? Les auteurs ne rejettent pas le soutien des gouvernements mais considèrent qu'il serait judicieux de le coupler avec de nouvelles règles. Il s'agirait de permettre aux déposants, aux petits actionnaires et aux détenteurs de dette subordonnée de pouvoir contrôler ou influencer les actions des banques lorsqu'elles touchent au risque. Les gendarmes pourraient également empêcher les établissements de s'engager dans certaines activités, telles que l'assurance, l'immobilier ou la détention de sociétés non financières. Ce qui permettrait de réduire la complexité des établissements et leurs activités à risque. En ce qui concerne la gouvernance, le rapport ne tranche pas entre les bonnes et les mauvaises pratiques. Des conseils d'administration d'une taille non négligeable pourraient, par exemple, être un plus.
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17/09/2021 - 10:31

