Moscovici tempère l'optimisme d'Hollande sur la croissance
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Le ministre des Finances a révélé que le budget 2014 pourrait être bâti sur une prévision inférieure à 1%, ce qui risque d'alourdir le déficit. Même si les derniers indicateurs sont plutôt encourageants.
Les propos de François Hollande sur la "reprise économique française", lors de son discours du 14 juillet, avaient laissé la majorité des économistes et analystes dubitatifs, ces derniers estimant que la période de récession était sans doute terminée mais que le pays était bien loin d'un retour à la croissance.
L'interview de Pierre Moscovici hier à la radio RTL a achevé de mettre en cause l'optimisme sans doute un peu exagéré du Président. Le ministre des Finances a effectivement laissé entendre que le budget 2014 serait bâti sur la base d'une prévision de croissance inférieure à 1%. Pour l'heure l'objectif est à 1,2%. Mais il y a fort à parier que le gouvernement reverra ce chiffre à la baisse fin août. "Notre objectif, c'est 0,8% (en 2013) puis ensuite repasser nettement au-dessus de 1%, 1,5% pourquoi pas 2% en 2015 et 2016" a déclaré Pierre Moscovici à l'antenne. Mais d'ajouter ensuite que "l'ensemble des prévisions sont plutôt à la baisse pour l'ensemble de la zone euro et la France. Le FMI dit 0,8%, nous verrons quel chiffre nous retenons".
Les chiffres publiés ce matin par Markit sont toutefois plutôt encourageants. Ainsi, la production manufacturière a affiché une hausse au mois de juillet pour la première fois depuis 17 mois, tandis que les replis de nouvelles commandes de l'emploi et des stocks des achats s'atténuent. Le secteur manufacturier a bénéficié d'une augmentation du volume de nouvelles commandes à l'export qui compense en partie la faiblesse persistante de la demande sur le marché intérieur.
Le taux de suppression de postes s'est replié, ce qui est un autre signal positif pour le secteur. Bref selon Jack Kennedy, senior economist chez Markit, "si cette amélioration de la conjoncture se confirme au cours des prochains mois, le secteur manufacturier pourrait stimuler la croissance du PIB au troisième trimestre 2013". Mais la conjoncture risque d'être plus mouvementée dans les prochains mois, notamment en cas d'échec des négociations sur la réforme des retraites, où les marchés attendent la France au tournant.
La plus grande prudence du ministre de l'Economie témoigne en tout cas d'une prise de conscience de la nécessité de fournir des chiffres plausibles, afin éviter de se faire retoquer par le Haut Conseil des Finances Publiques. Car l'institution rendra pour la première fois un avis public sur le projet de loi de finance de septembre et devra valider le scénario économique pour cette année tout en garantissant qu'il est à plus long terme conforme aux engagements pris par la France vis-à-vis de Bruxelles (notamment sur la réduction du déficit structurel). La révision à la baisse de la croissance en 2014 devrait également permettre au gouvernement de tenir son engagement de ne pas dépasser les 6 milliards d'euros de prélèvements obligatoires prévus pour 2014.
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