Macro-économie / Taux
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Taux d’intérêt : la Fed joue la montre / Croissance et inflation plaident pour d’autres hausses
La Réserve fédérale américaine (Fed) fait du surplace. Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale des Etats-Unis a décidé de ne pas réviser le niveau du taux d’intérêt directeur. Il se situe ainsi toujours dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%. Il convient de noter que deux des dix membres du FOMC, Lisa Cook, gouverneure de la Fed, et Beth Hammack, patronne de la Fed de Cleveland, ont voté contre cette décision.
Lors de sa conférence de presse, Kevin Warsh, président de la Fed, a commencé par évoquer son diagnostic de la situation économique américaine. Rappelons qu’au premier semestre, la croissance des Etats-Unis s’est établie à 2,4 %.
« Le troisième trimestre semble avoir enregistré une accélération encore plus marquée, portée par une consommation des ménages dynamique, probablement supérieure à 3 % en rythme de croissance, ainsi que par les investissements des entreprises, qui devraient progresser à un rythme proche de deux chiffres », a déclaré le banquier central, indiquant que les investissements « dans les technologies de pointe » sont à l’origine de cette dynamique. Il se trouve que les dépenses d’investissement représentent une part historiquement élevée du produit intérieur brut (PIB).
Du côté du marché du travail, le taux de chômage est inférieur à son niveau d’il y a un an et la hausse de l’emploi salarié est nettement supérieure à celle enregistrée l’année dernière. « Ainsi, du point de vue de l’emploi, l’un des deux volets du double mandat de la Fed, la situation est plutôt favorable », a fait valoir Kevin Warsh.
Oui mais voilà, le bât blesse concernant l’inflation. Alors qu’elle s’est affichée à 3,4% l’an au dernier relevé, l’inflation évolue au-dessus de l’objectif de la Fed (2%) depuis près de six ans. « Les prix de l’énergie et les prix qui y sont liés ont de nouveau augmenté ces dernières semaines. Notre mission consiste à veiller à ce que les variations de prix relatifs dans certains secteurs ne se généralisent pas à l’ensemble de l’économie et à ce que les anticipations d’inflation restent solidement ancrées », a expliqué Kevin Warsh. « Même si ces incertitudes sont bien réelles, notre objectif à la Fed ne souffre d’aucune ambiguïté », a-t-il ajouté.
En septembre, la quasi-intégralité des membres du FOMC anticipaient une hausse des taux supplémentaire de 25 points de base d’ici la fin de l’année 2026. Et il reste désormais une seule réunion : les 8 et 9 décembre. Les économistes d’ING estiment « très probable » qu’une augmentation d’un quart de point du taux directeur soit décidée à cette occasion.
Pour Michael Pearce, économiste chez Oxford Economics, une nouvelle hausse de taux aura lieu en mars en plus de décembre, avant une "longue" phase de stabilité. "Grâce à un certain soulagement sur les prix de l’énergie l’année prochaine et à des pressions inflationnistes modérées sur le marché du travail, l’inflation devrait reculer en 2027, ce qui maintiendrait la Fed en position d’attente jusqu’à une baisse des taux en 2028", juge-t-il.
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