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Schneider Electric / PTC / Olivier Blum

Schneider Electric lève 6 milliards d’euros en une nuit pour son rachat de PTC / Le volet actions est bouclé, le plus gros reste à financer

Schneider Electric a obtenu le soutien d’investisseurs institutionnels aux conditions qu’il espérait. Le financement de cette acquisition géante entre désormais dans une nouvelle phase.
(Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
(Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Schneider Electric a franchi sans encombre la première étape du financement de la plus importante acquisition de son histoire. Deux semaines après l’annonce du rachat de l’américain PTC, spécialiste des logiciels de conception et de gestion des données industrielles, le groupe a levé les 6 milliards d’euros recherchés grâce à une augmentation de capital lancée lundi soir et bouclée dès le lendemain matin. Une nuit a suffi pour placer 25 millions d’actions nouvelles auprès d’investisseurs institutionnels et atteindre ainsi le haut de la fourchette de 5 à 6 milliards d’euros annoncée le 5 octobre.

« Le soutien de nos actionnaires de longue date comme de nouveaux investisseurs institutionnels constitue une marque de confiance claire dans notre stratégie et dans le potentiel de création de valeur à long terme du rapprochement de Schneider Electric et de PTC », s’est félicité Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric. Le groupe n’a toutefois précisé ni le volume des ordres reçus ni le taux de sursouscription de l’opération.


Une décote contenue à 5 %


Une confiance obtenue sans avoir à consentir une décote importante. Pour aller vite, Schneider a supprimé le droit préférentiel de souscription et réservé l’opération aux investisseurs qualifiés. Les actions nouvelles ont été émises à 240 euros, soit une décote de 4,99 % par rapport au dernier cours de clôture précédant le lancement, à 252,60 euros. Les actionnaires n’ayant pas participé à l’opération subiront une dilution limitée : les actions créées représentent environ 4,32 % du capital avant émission, et une participation de 1 % passe à 0,96 %. Menée par Morgan Stanley, Société Générale et BNP Paribas, l’opération doit donner lieu à un règlement-livraison le 22 octobre. Schneider s’est également engagé à ne pas émettre ni céder de titres pendant les 90 jours suivants, sous réserve de certaines exceptions.


Encore 16 à 17 milliards à lever


Ces 6 milliards ne couvrent pourtant qu’un peu plus du quart de l’addition. Le rachat de PTC, intégralement payé en numéraire, représente une enveloppe de financement d’environ 22 milliards d’euros, pour une valorisation des capitaux propres de l’éditeur américain à 20,1 milliards. L’essentiel du financement doit encore être mobilisé sur le marché de la dette, avec 16 à 17 milliards d’euros d’émissions nouvelles prévues dans plusieurs devises. En attendant, Schneider dispose d’un crédit relais couvrant la totalité du financement, mis en place auprès de Morgan Stanley et Société Générale. Le groupe dispose encore de plusieurs mois pour organiser ces émissions : la finalisation du rachat, soumise au feu vert des actionnaires de PTC et des autorités, n’est attendue que d’ici au troisième trimestre 2027.

Il devra également veiller à conserver ses notations de crédit dans la catégorie A auprès des agences spécialisées, comme il s’y était engagé lors de l’annonce du rachat de PTC. Les actionnaires, eux, devront faire preuve de patience. Si Schneider entend poursuivre la progression de son dividende, ininterrompue depuis seize ans, son programme de rachats d’actions de 2,5 à 3,5 milliards d’euros d’ici à 2030 devrait être mis en pause en 2027 et 2028, après une enveloppe de 600 millions d’euros prévue cette année.

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