WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Solutions 30

Entreprises / Actions
Solutions 30

Solutions 30 : une nouvelle année de purge pour une promesse de rebond / Le groupe détaillera sa nouvelle trajectoire en octobre

La sortie du contrat historique avec Orange et le repositionnement en Allemagne ont lourdement pesé sur les comptes du premier semestre. Solutions 30 assure que les derniers ajustements liés à cette transformation seront achevés à la fin de l’année.
Gianbeppi Fortis, président du directoire de Solutions 30.
Gianbeppi Fortis, président du directoire de Solutions 30.

Solutions 30 promet depuis deux ans de sacrifier le chiffre d'affaires pour restaurer ses marges. Au premier semestre, le sacrifice est bien là ; le redressement de la rentabilité, lui, attendra. Le spécialiste luxembourgeois des interventions techniques sur site a publié jeudi soir des comptes semestriels entièrement façonnés par sa décision de sortir d'un contrat-cadre majeur dans les télécommunications en France. Identifié par les analystes de la banque Oddo BHF comme celui qui liait historiquement le groupe à Orange, il avait généré 117,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, soit 38 % de l'activité française et 13 % de celle du groupe. « Étant déficitaire, il représentait notre principal foyer de perte », a résumé Gianbeppi Fortis, président du directoire. Sa sortie sera finalisée d'ici la fin de l'année et il ne contribuera plus au chiffre d'affaires à compter de 2027.

Le coût de ce retrait est visible à chaque ligne du compte de résultat. Le chiffre d'affaires s'établit à 400,3 millions d'euros, en recul de 11,1 % et de 13,6 % en organique. L'EBITDA ajusté tombe à 17 millions, soit une marge de 4,2 %, en baisse de 280 points de base, l'EBIT ajusté passe en territoire négatif à moins 6,3 millions, et le résultat net part du groupe ressort à moins 24,5 millions, contre moins 16,8 millions un an plus tôt. Oddo BHF juge les résultats « de nouveau décevants » : la banque attendait 29 millions d'euros d'EBITDA et 415 millions de chiffre d'affaires.


Le prix du recentrage


La France concentre l'essentiel du choc, avec un EBITDA ajusté de moins 1,2 million, soit une marge de moins 1 % contre 4,5 % un an plus tôt. Le désengagement a par ailleurs débordé sur l'autre grand relais d'activité français. « La réorganisation majeure des entités françaises imposées par la sortie du contrat télécom a indirectement pesé sur le profil financier et la base de revenus de notre activité énergie », a expliqué Amaury Boilot, secrétaire général, alors que ce segment recule de 10,7 % sur des marchés pourtant décrits comme solides.

L'Allemagne ajoute une seconde couche de charges. Le groupe y réduit son exposition aux FiberCos, dont les investisseurs sont devenus plus sélectifs, pour monter en charge auprès de Deutsche Telekom et Vodafone. La sortie d'un contrat a fait reculer le chiffre d'affaires de 14 % et enfoncé l'EBITDA ajusté à moins 0,8 million. Un produit reste toutefois en réserve : « Le principe de notre indemnisation au titre de ce contrat est acquis. Son montant reste en discussion avec le client et nous n'avons donc comptabilisé aucun produit à ce titre au premier semestre », a précisé Amaury Boilot.


La sélectivité porte ailleurs


Ailleurs, le tableau est plus favorable. Le Benelux, 42 % du chiffre d'affaires, absorbe la fin programmée du déploiement des compteurs digitaux en Belgique tout en maintenant une marge de 11,2 %, et attend une accélération du marché après l'autorisation donnée en juillet par l'autorité belge de la concurrence à la mutualisation de certains programmes de fibre. Le segment Autres pays progresse de 4 % avec une marge de 7,1 %, après un redressement de 620 points de base entre 2023 et 2025. « C'est la preuve que notre méthode fonctionne », a fait valoir Gianbeppi Fortis à propos de ce redressement.


L’équation financière se resserre


Reste que la transformation pèse aussi sur le bilan. La trésorerie brute est passée de 73,2 à 46,3 millions d'euros en six mois, le free cash flow net s'établit à moins 41,3 millions et la dette nette atteint 119 millions, pour des capitaux propres réduits à 24,7 millions. Le groupe a parallèlement réduit de 16 millions d'euros son recours à l'affacturage. Il a engagé des discussions avec ses partenaires financiers pour conforter son dispositif actuel et reconnaît qu'« il existe une incertitude sur le niveau des financements court-termes du Groupe », tout en anticipant une issue dans les prochaines semaines.

La Bourse a d'abord mal accueilli la publication, avant d'effacer ses pertes. Après avoir cédé jusqu'à 11 % à l'ouverture, à 0,4830 euro, l'action était revenue à l'équilibre vers 10h45, à 0,5450 euro. Le titre reste néanmoins proche de ses plus bas, pour une capitalisation d'à peine 58 millions d'euros, contre un peu plus de 2,1 milliards au plus haut de 2020.


Le rebond renvoyé à 2027


Trois leviers doivent soutenir le redressement dès 2027 : la disparition des pertes du contrat français, la remontée de la marge allemande, déjà attendue au second semestre, et le poids accru du Benelux dans le mix. Les ressources libérées seront réaffectées aux réseaux électriques basse et moyenne tension, au photovoltaïque, au stockage par batteries, aux services aux data centers ou aux infrastructures ferroviaires. « Ces marchés ont en commun des besoins importants d'intervention sur site, une pénurie de compétences techniques et un recours croissant à l'externalisation », a plaidé Gianbeppi Fortis. Le groupe n'a exceptionnellement pas tenu de séance de questions jeudi soir, renvoyant les analystes à un webinaire stratégique début octobre où il doit détailler « la nouvelle trajectoire » de Solutions 30. Oddo BHF attend précisément ce rendez-vous pour « y voir plus clair sur le profil de la société suite à son repositionnement majeur ».

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article