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Solutions 30 durement éprouvé par le premier semestre / Les télécoms français, talon d’Achille du groupe
La Bourse n’a pas fait de détail. La chute de près de 30 % subie jeudi par l’action Solutions 30, tombée à 1,1470 euro, sanctionne un semestre en rupture avec la dynamique attendue, mais aussi des attentes sans doute excessives à court terme autour des retombées du plan d’infrastructures allemand.
Les résultats sont "décevants", résume Oddo BHF : chiffre d’affaires en repli de 9,7 % à 467,4 millions d’euros, excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté en baisse de 16,6 % (marge à 6,7 %) et perte nette creusée à 16,8 millions d’euros contre 5,9 millions un an plus tôt. En cause, la France, dont l’activité chute de 18 % et l’excédent brut d’exploitation de près de 60 %, sous l’effet d’un ralentissement plus marqué que prévu des déploiements fibre et du retard dans le démantèlement du réseau cuivre.
De la promesse estivale au désenchantement automnal
Ce coup d’arrêt tranche avec la trajectoire dessinée au début de l’été. En juin, la direction se félicitait des "premiers fruits" de sa politique de sélectivité : priorité aux marges et au cash, accélération des relais de croissance – l’énergie en tête – et montée en puissance de l’Allemagne. L’idée était claire : compenser la faiblesse structurelle du marché français, où la rentabilité reste limitée, notamment dans les télécoms. Mais cette stratégie reposait sur l’hypothèse d’un socle domestique encore consistant, ce qui apparaît de moins en moins le cas.
Du côté de la direction, sans minimiser la déconvenue, on rappelle qu’une transformation ne suit jamais une ligne droite. Gianbeppi Fortis, le président du directoire, assume le décalage : "Je partage totalement la frustration que vous pouvez avoir, vous les actionnaires et toutes les personnes qui suivent la société. Depuis trois ans, dès qu’un problème est réglé, un autre survient.", a reconnu Gianbeppi Fortis devant les journalistes.
Le président du directoire tient toutefois aussi à mettre en avant le positif : "Les résultats […] reflètent la bonne tenue de l’activité du groupe, à l’exception des télécoms en France, qui évoluent dans des conditions de marché difficiles."
Redresser la France sur le modèle italien et espagnol
Cette activité domestique, qui pesait plus de 40 % en 2021 et ne représente plus que 15 % aujourd’hui, concentre la pression concurrentielle et la contraction des volumes. "Le secteur tout entier traverse des difficultés", a insisté le dirigeant, citant la réorganisation d’un grand donneur d’ordres. Et d’ajouter avoir "immédiatement mis en place un plan de transformation" pour adapter le modèle opérationnel, avec des "effets attendus dès le début de l’année prochaine".
Le but affiché est "d’appliquer la même méthode" qu’en Italie et en Espagne pour redresser la profitabilité. Le véritable relais est attendu à partir de 2026, le temps que la transformation produise ses effets. D’ici là, l’entreprise compte sur le basculement accéléré de son mix, l’énergie représentant déjà 37 % des ventes en France au deuxième trimestre, pour stabiliser sa base.
L’Europe du Nord et l’énergie en soutien
Car le tableau n’est pas monolithique. Hors activité "Connectivity" en France, le chiffre d’affaires du groupe se stabilise sur le semestre avec un léger recul de 0,4 %, avant de repasser en croissance de 2,2 % au deuxième trimestre. L’énergie progresse de 30 % pour atteindre 91,6 millions d’euros, portée par l’essor du photovoltaïque en France, en hausse de 51,6 %. Ce segment, présenté comme "à marges robustes", est appelé à s’améliorer encore au second semestre.
Le Benelux, première zone du groupe, affiche une marge d’excédent brut d’exploitation de 11,8 %, en hausse de 1,8 point, soit un quatrième trimestre consécutif au-dessus de 10 %. L’Allemagne avance à grands pas, avec une croissance du chiffre d’affaires de 23,6 % dans un marché encore en structuration. La marge recule toutefois temporairement à 7,9 %, soit une contraction de 2,2 points, sous l’effet d’investissements destinés à soutenir la croissance. Quant au segment "Autres Pays", la marge atteint 5,0 %, soit un doublement sur un an grâce au redressement opéré en Italie et en Espagne.
"Nous ne lâchons pas l’affaire et nous continuons à travailler avec acharnement pour rétablir nos marges et la génération de cash.", assure le président du directoire.
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