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Fusions, Acquisitions

Fusions, Acquisitions

Saint-Gobain pioche au Canada avec l’acquisition de Xypex / Une opération qui lui permet de faire coup double

Le géant des matériaux de construction a conclu un accord définitif pour s’offrir ce champion des adjuvants et des revêtements d’imperméabilisation à forte valeur ajoutée, installé à Vancouver. De quoi renforcer sa plateforme de chimie de la construction, tout comme ses positions dans le non-résidentiel et les infrastructures.
FRANCE. HAUTS-DE-SEINE (92) PARIS LA DEFENSE. SAINT-GOBAIN HEADQUATER
FRANCE. HAUTS-DE-SEINE (92) PARIS LA DEFENSE. SAINT-GOBAIN HEADQUATER

Saint-Gobain va faire entrer une nouvelle entreprise dans son giron. Le géant des matériaux de construction a annoncé avoir conclu un accord définitif afin de s’offrir Xypex, un champion des adjuvants et des revêtements d’imperméabilisation par cristallisation, permettant d’améliorer la durabilité et longévité des structures en béton, dont le siège est installé à Vancouver. Le montant de la transaction n’a pas été révélé. La société devrait réaliser environ 110 millions de dollars canadiens de chiffre d’affaires en 2026 (67,7 millions d’euros) et sert plus de 100 pays grâce à ses solutions. Elle s’est imposée comme une marque de référence dans son domaine, précise le groupe présidé et dirigé par Benoit Bazin, avec une position forte sur les marchés des infrastructures, et dans la prescription dans le secteur de la construction. Ceci en Amérique du Nord, mais aussi en Asie-Pacifique et en Europe, indique Saint-Gobain. La finalisation de l’opération est attendue au quatrième trimestre de 2026.

Pour la compagnie française, cette acquisition revêt un double intérêt stratégique, dans le cadre de sa feuille de route à l’horizon 2030, « Lead & Grow ». D’une part, parce qu’elle lui permettra de renforcer son assise dans la chimie de la construction, secteur dans lequel Saint-Gobain s’est d’ailleurs déployé au cours de ses cycles stratégiques précédents à l’aide d’acquisitions emblématiques (comme CGP, Chryso, Fosroc ou Ovniver Group), ou d’autres de plus petite taille. Ici, la transaction semble s’inscrire dans cette dernière veine et contribuera ainsi à son objectif de faire grossir sa plateforme en la matière, de 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires aujourd’hui à plus de 9 milliards d’euros à l’issue de sa feuille de route, d’accélérer les ventes croisées et la montée en gamme, précise le groupe.

 

Articulation

 

« Elle ajoute une technologie hautement différenciée et complémentaire au portefeuille actuel de solutions d’étanchéité », souligne aussi Saint-Gobain, comprenant à la fois des membranes, des systèmes d’application sous forme liquide, ainsi que des techniques d’injection et des technologies de réparation. Les solutions de Xypex ont été prescrites dans des centaines de projets d’envergure dans le monde, lui offrant une position de choix auprès des ingénieurs et prescripteurs dans le domaine de l’étanchéité.

C’est d’ailleurs le type de projets que les solutions de Xypex abordent, qui représente le double intérêt de l’opération. En effet, comme indiqué, le positionnement de l’entreprise va donc permettre à Saint-Gobain de muscler également sa présence sur les marchés du non-résidentiel et des infrastructures, notamment au travers d’applications pour les transports, l’eau et les travaux souterrains. De quoi, également, ouvrir la voie à des synergies commerciales et opérationnelles grâce à la combinaison du modèle de Xypex – axé sur la prescription, donc – avec l’implantation mondiale, le réseau de distribution et la plateforme de chimie de la construction de Saint-Gobain.

 

Couloir de croissance

 

L’intensification de la croissance du groupe dans le non-résidentiel (établissements éducatifs et de santé, hôtels et data centers) et les infrastructures (transports, énergie) est aussi un des axes structurants de « Lead & Grow ». Saint-Gobain y réalisait environ 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur un marché adressable d’environ 250 milliards d’euros, avait-il estimé en octobre dernier. De quoi ouvrir donc des perspectives d’accélération. Pour mémoire, afin d’atteindre ses objectifs de création de valeur et de croissance, le groupe a prévu de déployer environ 12 milliards d’euros en investissements de croissance et en acquisitions (nets des cessions) sur la période 2026-2030, ainsi que de poursuivre l’optimisation de son profil en visant une rotation d’actifs de plus de 20 % du chiffre d’affaires à ce terme, en comptant les achats ou les ventes d’actifs, comme a déjà pu en témoigner un certain nombre d’opérations annoncées ces derniers mois.

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