Macro-économie / Taux / Landoy / Ifop / Français
Macro-économie / Taux
Landoy / Ifop / Français
Les Français ne sont pas à une contradiction près sur le vieillissement démographique / Son financement fait apparaître des fractures au sein de la population
Des Français moins obtus qu’il n’y paraît. Alors que le constat d’une société partagée sur les remèdes à déployer face au vieillissement démographique est dans tous les esprits, le baromètre réalisé par le Club Landoy avec l’IFOP montre qu’une part importante de la population demeure prête à fournir des efforts dans les années à venir. Une grande partie est en effet lucide sur le système de retraites, 62 % d’entre eux étant conscients qu’il est déficitaire et 76 % estiment qu’il ne pourra subsister sans des réformes supplémentaires.
L’occasion de constater un décalage conséquent entre les aspirations des Français - celle de travailler jusqu’à 59,8 ans -, tout en étant conscient de la réalité – anticipant qu’il faudra vraisemblablement travailler jusqu’à 64,3 ans. La lucidité dont font preuve les répondants ne semble pas s’appliquer à tous les sujets ; c’est particulièrement le cas sur la question de l’âge légal de départ à la retraite. Lequel est considéré par une majorité – 51 % - comme devant être plus bas, 31 % le trouvent quant à eux adapté au vieillissement et uniquement 18 % pensent qu’il devrait être plus élevé. Un dernier chiffre dernier au sein duquel on retrouve nombre de retraités.
Attiser
Le financement du modèle social tricolore est loin d’être réduit à sa dimension individuelle, on retrouve les conséquences des difficultés actuelles et futures dans le fort risque de tensions entre les générations - pour 75 % des sondés (et même 82 % chez les moins de 35 ans). Là où cet épineux problème devrait susciter une hausse de la solidarité entre les générations pour uniquement 54 % des répondants. Pourtant ces mêmes participants au baromètre se montrent largement ouverts – les deux tiers - à travailler au-delà de l’âge légal de départ à la retraite dès lors qu’ils « bénéficient d’aménagements adaptés du temps de travail ». Contre uniquement 20 % sans ces dispositifs adaptés.
On observe que ce consensus offre un éventail de possibilité, puisque ce sont à la fois 69 % qui sont prêts à faire choix en raison « d’un aménagement de fin de carrière (sur les horaires, le rythme, le télétravail), 66 % avec une retraite progressive et 64 % avec un temps partiel ». Maxime Sbaihi, économiste et directeur stratégique du Club Landoy, commente les résultats de l’étude en expliquant que « les Français font preuve de lucidité sur le défi qu’il représente pour notre système de santé et de retraite et se montrent majoritairement favorables à une mise à contribution accrue des retraités ainsi qu’à l’idée de travailler plus longtemps que l’âge légal de la retraite en échange de flexibilité ».
Il considère que ces réponses sont des « pistes de réflexions innovantes et susceptibles d’alimenter un débat public qui tourne trop souvent en rond sur ces questions. » D’autant plus que l’un des rares constats à réunir une grande majorité des sondés - 64 % - concerne le « partage des efforts entre actifs et retraités pour financer le modèle social ». Les inquiétudes ne se cantonnent pas au domaine de la retraite, mais concernent également le système de santé, lequel a beau inspirer confiance à court terme, il n’interroge pas moins sur le plus long terme. C’est tout juste un peu plus « de la moitié des Français (55 %) [qui] disent que le système leur permettra de vieillir en bonne santé, mais seul un tiers d’entre eux (36 %) estiment que celui-ci sera financièrement viable pour répondre durablement aux besoins de tous ».
Deux vitesses
La forte hausse anticipée du reste à charge – par près de 76 % des sondés -, s’accompagne d’une crainte quant à la capacité à pouvoir y faire face financièrement – seulement 36 % estiment être en mesure de le faire. La population semble également partagée sur la défiance vis-à-vis du système de retraite, avec 77 % des femmes qui « doutent qu’il leur garantisse une pension suffisante (contre 66 % des hommes) ». De la même façon les résultats montrent qu’elles « sont également plus nombreuses à souhaiter un âge légal plus bas (57 % contre 45 %) et à s’opposer à l’idée de travailler plus longtemps (60 %) ».
Autant d’éléments à même d’enrichir le débat public et dont la présentation a vu Maxime Sbaihi expliquer que l’objectif de l’étude n’était « pas d’aller frontalement sur des sujets clivants, mais avant tout d’essayer de comprendre la compréhension qu’ont les Français de la démographie ». Son appréciation de la situation est « qu’il est assez positif de constater que les Français sont disposés, sous certaines conditions, à travailler plus tard ». Des aménagements relevant essentiellement d’une organisation repensée au sein des entreprises et non nécessairement d’une évolution législative. L’enjeu des mois et années à venir semble être celui « d’une véritable défiance exprimée par les jeunes vis-à-vis à du système de retraite », on observe en effet que c’est une catégorie - plus de 80 % pour le moins de 35 ans - qui ne fait pas confiance au système pour lui garantir une pension suffisante.
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