Macro-économie / Taux / Coupe du monde / Natixis CIB
Macro-économie / Taux
Coupe du monde / Natixis CIB
Une Coupe du monde de football qui ne va pas changer la face de la croissance / Cette édition nord-américaine demeure bien particulière
Les nombreuses finales de l’équipe de France de football ont un point commun. Peu importent leurs dénouements et les adversaires rencontrées, l’effet sur l’économie a été peu ou prou le même. Hadrien Camatte, économiste senior France, Belgique et zone euro chez Natixis Corporate & Investment Banking, auteur d’une note sur la question explique à WanSquare « tabler sur un effet très limité / quasi-nul de la Coupe du monde pour la France au niveau macroéconomique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passe rien au niveau microéconomique ». Le véritable impact de la compétition sera avant tout sectoriel, avec notamment un effet positif pour les bars-restaurants, les Français seraient près de 10 % à regarder les matchs à l’extérieur de chez eux.
Une source de revenus conséquente que ce soit pour les restaurants ou autres bars, néanmoins cela n’en reste pas moins un jeu à somme (quasi) nulle au niveau macroéconomique, en raison de l’effet d’éviction, étant donné que c’est sur d’autres postes de dépense sur lesquels les Français rognent pour s’offrir ces sorties. Un phénomène d’autant plus présent qu’Hadrien Camatte constate que « la consommation des ménages a déçu ces derniers mois et que le taux d’épargne élevé des ménages ne semble pas prendre la voie d’une diminution à court terme ». À ce titre les exemples passés des effets sur la confiance n’incitent pas à l’optimisme, l’économiste constatant « que peu importe le parcours de l’équipe de France, on n’observe que de très légères corrélations avec une hausse de la confiance ».
Soupe à la grimace
Il faut dire que la santé financière et la confiance des ménages tricolores ne sont pas au beau fixe, loin de là et cela fait dire à Hadrien Camatte que « le moral des Français dépendra en juillet bien plus du prix à la pompe que d’un succès de la France sur le Sénégal ou bien l’Irak ». Finalement une des meilleures nouvelles pour l’économie hexagonale pourrait bien résider dans les horaires de la compétition, les premiers matchs de l’équipe de France n’étant ni en pleine ni durant la journée de travail. De quoi limiter la perte de productivité potentielle engendrée par la compétition liée à la fatigue ou à une moindre assiduité au travail.
Les ménages français ne devraient quant à eux pas être parmi les plus dépensiers sur le sol américain, où a lieu l’essentiel des matchs, Emeline Gorguet, économiste chez Natixis CIB et coauteur de la publication, explique que « les recettes touristiques pourraient être moins élevées qu’espérées, avec notamment des taux de réservation en hôtels en-deçà des attentes, alors que le tourisme outre-Atlantique est peu dynamique, en raison notamment de l’augmentation des couts du voyage depuis le conflit en Iran, et de difficultés accrues pour obtenir des visas. A cela s’ajoute le fait que les billets pour la World Cup affiche des prix parmi les plus élevés des évènements sportifs précédents. » La FIFA table sur une dépense de 416 dollars par jour et par personne lors de leur séjour aux États-Unis.
Héritage
Une des caractéristiques notables de cette 23e édition est le faible investissement en raison d’infrastructures déjà existantes (stades, transport…). Hadrien Camatte explique que l’utilisation d’infrastructures déjà existantes, couplée à des effets d’éviction sur le tourisme empêche d’anticiper mieux que 0,05 point de PIB supplémentaire pour la croissance américaine. Le boost économique de l’évènement est également limité par le gigantisme de la première économie mondiale.
Un constat d’autant plus fort qu’à la différence du Mexique où les quelque 14 rencontres ont lieu en dehors des villes balnéaires, le pays dirigé par Donald Trump aura du mal à éviter les effets d’éviction étant donné que c’est essentiellement dans des villes touristiques que se dérouleront les matchs.
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