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Macro-économie / Taux / HEC / Centre de données / data centers

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Le coût climatique des data centers inquiète / Leur appétit semble insatiable

Avec une consommation d’électricité attendue en hausse de 50 % d’ici 2027, l’avènement des data centers ne va pas se faire sans heurts. Olivier Darmouni, professeur à HEC Paris, vient d’y consacrer une étude et estime que l’impact serait limité sur les prix nationaux. L’histoire serait tout autre en ce qui concerne la question climatique, laquelle est à même d’engendrer des coûts conséquents pour l’économie.
Photo par PATRICK PLEUL / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Photo par PATRICK PLEUL / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Un coup d’épée dans l’eau. La décarbonation de l’énergie entamée à marche forcée par une partie du globe pourrait bien faire les frais de l’appétit vorace des data centers. Les estimations effectuées par le professeur associé à HEC Olivier Darmouni font froid dans le dos. Rien que les 420 projets de data centers aux États-Unis prévus d’ici 2035 nécessiteraient près de 100 GW de capacités électriques supplémentaires lors de la prochaine décennie.

Pour autant l’expert explique que « malgré cette hausse de la demande en électricité, les prix de l’électricité à l’échelle nationale n’augmenteraient que d’environ 2 % ». Les années à venir devraient être celles d’une forte hétérogénéité outre Atlantique, étant donné que près de la moitié des data centers américains sont situés dans des États tels que la Virginie, le Texas, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud. Les données dont dispose le professeur à HEC Paris font état de prix régionaux de l’énergie qui « pourraient fortement augmenter dans ces zones de concentration, avec des hausses comprises entre 20 % et 40 % ».

 

Risque

 

Là où le bât blesse ce n’est pas tant que la demande d’électricité progresse et son cours avec elle, c’est la façon dont cette demande serait servie. Olivier Darmouni expliquant que pour l’heure que « la plupart des centrales américaines fonctionnant aux énergies fossiles n’exploitent en effet que 60 % à 70 % de leur capacité totale. Autrement dit, les capacités disponibles restent suffisantes pour absorber cette nouvelle demande énergétique sans provoquer de flambée généralisée des prix ». De quoi engendrer des profits supplémentaires pour le secteur des énergies fossiles, de l’ordre de 20 milliards de dollars annuellement.

Il ne s’agit pas du seul chiffre parlant dans cette étude - publiée avec deux enseignants de Columbia Business School -, celle-ci expliquant que les conséquences seraient également à trouver du côté des coûts sociaux et climatiques. Chaque année, on pourrait aller jusqu’à 80 milliards de dollars supplémentaires, en raison de la hausse des températures et de la multiplication des événements climatiques extrêmes.

 

Espoir

 

Tout n’est pas noir pour autant. Olivier Darmouni explique que cette « expansion des data centers produit des effets profondément ambivalents. D’un côté, les capacités existantes des infrastructures fossiles permettent d’augmenter rapidement la production pour répondre à la nouvelle demande, alimentant ainsi une spirale de hausse des émissions carbone et d’aggravation des dommages climatiques. De l’autre, la rentabilité croissante du secteur des énergies renouvelables pourrait accélérer massivement l’innovation verte ». Pas de quoi mettre l’économie à l’abri de chocs géopolitiques pouvant bouleverser tant les prix à court terme, que la structure des mix énergétiques des différents pays.

Pour parvenir à les verdir dans les années à venir, il ne fait pas de mystère de la recette à utiliser. Seuls des investissements massifs par la puissance publique pourraient permettre aux énergies renouvelables d’atteindre leur vitesse de croisière. Pour le moment, il considère que le passage à l’échelle demeure trop peu rentable pour être effectué uniquement par le secteur privé.

 

Un impact économique limité

 

L’étude souligne que le principal risque économique proviendrait surtout de facteurs externes, notamment des conflits géopolitiques susceptibles d’alimenter la volatilité des prix de l’énergie et d’accélérer la recomposition du mix énergétique à long terme dans de nombreux pays et régions. La hausse des coûts associée à la construction de ces data centers n'a quant à elle qu’un impact ténu sur l’ensemble de l’économie. Les calculs effectués par le trio d’auteurs évoque une production des secteurs hors centre de données, comme l’industrie manufacturière, ne reculant que de 0,07 % du PIB des États-Unis.

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