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Lazard mise sur Campbell Lutyens pour accélérer sa transformation / Le capital privé comme troisième pilier
À son arrivée à la tête de Lazard en 2023, Peter Orszag avait fixé un cap clair à horizon 2030 : rééquilibrer le modèle du groupe en s’appuyant davantage sur les activités les plus porteuses du capital privé. L’annonce, faite à la veille du pont du 1er mai, du rachat de Campbell Lutyens s’inscrit pleinement dans cette trajectoire. « Cette transaction constitue une nouvelle étape stratégique déterminante sur la trajectoire de Lazard 2030 et une voie de croissance prometteuse », a déclaré son directeur général.
Avec une opération valorisée environ 575 millions de dollars, la banque se donne les moyens de changer d’échelle sur l’un des segments les plus dynamiques de la finance mondiale, le conseil en capital privé. Au-delà de la croissance, c’est un déplacement du centre de gravité qui s’opère, du conseil en fusions-acquisitions vers une logique plus large d’intermédiation couvrant l’ensemble du cycle d’investissement.
Une offre élargie sur tout le cycle du capital
C’est précisément sur ce terrain que Campbell Lutyens apporte une profondeur décisive. Le cabinet couvre l’ensemble du cycle du capital privé, depuis la levée de fonds jusqu’aux opérations de liquidité, en passant par le conseil aux sociétés de gestion. Son positionnement repose sur trois piliers complémentaires : le placement de fonds auprès d’investisseurs institutionnels, le conseil sur les transactions secondaires et l’accompagnement stratégique des gérants eux-mêmes.
Concrètement, Lazard va fusionner sa division Private Capital Advisory, dont Holcombe Green a plus que doublé les revenus en cinq ans, avec les 38 ans d’expérience et les 713 milliards de dollars de capitaux levés de Campbell Lutyens, pour former une entité intégrée à l’échelle mondiale. La nouvelle entité, baptisée Lazard CL, sera codirigée par Green et Gordon Bajnai, actuel patron de Campbell Lutyens. Le changement d’échelle est tangible : autour de 500 millions de dollars de revenus attendus en 2027, 280 professionnels, 18 bureaux, et plus de 230 mandats conseillés sur les deux dernières années. Autant d’éléments qui dessinent une plateforme déjà dense, avec une présence mondiale et une capacité d’exécution immédiate. Lazard met la main sur une véritable infrastructure globale.
Le secondaire au cœur du dispositif
Parmi les trois métiers apportés par Campbell Lutyens, le secondaire mérite une attention particulière. Vers l’objectif affiché de couvrir « l’intégralité du cycle de vie du capital, de la formation à la liquidité jusqu’aux alternatives stratégiques », le secondaire est précisément le maillon de la liquidité dans cette chaîne. Ce marché, longtemps considéré comme de niche, est devenu l’un des segments les plus dynamiques du private capital mondial, porté par les besoins croissants de gestion de portefeuille des LPs et la multiplication des transactions GP-led. L’entité combinée, affichera plus de 100 milliards de dollars de volume de transactions secondaires GP et LP sur les deux dernières années.
De la montée en puissance au changement de dimension
« Au cours des cinq dernières années, Lazard PCA a plus que doublé ses revenus, en élargissant son empreinte mondiale et en renforçant sa position de premier plan dans le conseil en capital privé », a souligné Holcombe Green, nommé co-CEO de Lazard CL aux côtés de Gordon Bajnai, l’actuel dirigeant de Campbell Lutyens. Cette progression, jusqu’ici largement portée par la croissance interne, trouve avec cette acquisition un levier d’accélération, permettant un changement d’échelle immédiat, tant en matière de couverture géographique que de profondeur de l’offre.
La gouvernance choisie traduit la volonté de ménager les équipes et de préserver la culture entrepreneuriale de Campbell Lutyens, l’un de ses actifs les plus précieux. Andrew Sealey, président du cabinet londonien, prendra la présidence non exécutive de Lazard CL. La transaction prévoit par ailleurs un mécanisme d’intéressement pouvant atteindre 85 millions de dollars supplémentaires sur plusieurs années, subordonné à des critères de performance définis, ce qui aligne les intérêts des deux parties sur la durée.
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