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Le nucléaire a décidément le vent en poupe / TP ICAP lance un desk dédié au courtage de combustibles nucléaires

Projets relancés en Europe et en France ou autre ETF dédié dont les encours explosent, les bonnes nouvelles s’accumulent pour le secteur du nucléaire. Signe de cet attrait renouvelé, TP ICAP vient de lancer un desk mondial de courtage dédié spécifiquement aux combustibles nucléaires. Lorraine Sereyjol-Garros, CEO Europe et Head of Continental Europe, revient sur cette création pour WanSquare. Les équipes installées à New York élargiront le spectre couvert par le géant de l’intermédiation entre acheteurs et vendeurs sur les marchés.
Uranium. Photo par PHILIPPE DESMAZES / AFP
Uranium. Photo par PHILIPPE DESMAZES / AFP

Une pierre de plus pour le retour en force du nucléaire. Lorraine Sereyjol-Garros, CEO de TP ICAP Europe et Head of Continental Europe, confie à WanSquare que l’annonce de ce nouveau desk à New York s’intègre dans un univers où cette source d’énergie a le vent en poupe. Les ambitions de cette nouvelle équipe sont de faciliter les transactions sur l’ensemble du cycle des combustibles nucléaires, incluant l’uranium physique, les swaps, les swaps de localisation et les options, offrant aux participants de marché un accès à la liquidité, à la formation des prix et à l’exécution sur un marché historiquement opaque et fondé sur des relations bilatérales.

Une véritable demande du marché, explique Lorraine Sereyjol-Garros, CEO de TP ICAP Europe et Head of Continental Europe, laquelle voit la « convergence d’un certain nombre de facteurs en faveur de cette source d’énergie décarbonée ». Elle considère que le nucléaire est « vu comme très complémentaire des énergies renouvelables, ça redevient un pilier central du mix énergétique de nombreux pays». Ce qui explique que le marché ait très largement évolué, passant ces dernières années « d’un fonctionnement très bilatéral fondé principalement sur le relationnel à une structure beaucoup plus profonde avec un besoin de liquidités et de transparence beaucoup plus fort ».

 

Poursuivre

 

Une situation qui explique en grande partie le choix de créer un desk à New York, le marché du nucléaire ayant opéré « une diversification des acteurs et des produits. Les acheteurs et les vendeurs ont un besoin de couverture tant physique que financière, qui a explosé en peu de temps, l’équipe mise en place vise à répondre à cette demande ». Pour autant, la maturité du marché n’est pas encore totale, nous confie-t-elle et explique que, pour l’heure, les équipes sont uniquement installées outre-Atlantique. Elle rappelle enfin que cette dynamique s’inscrit dans une réflexion de long terme autour de la sécurité énergétique et de la décarbonation. « Le retour du nucléaire dans de nombreux pays implique nécessairement des marchés plus structurés, capables d’accompagner des volumes, des horizons et des acteurs beaucoup plus diversifiés. »

Un lieu stratégique tant par l’histoire intime liant depuis plus d’un siècle New York aux différents marchés des commodités que par la présence d’un grand consommateur d’uranium avec les Etats-Unis et également d’un producteur de premier rang à proximité avec le Canada. La CEO Europe n’exclut pas qu’à l’instar d’autres matières premières, des desks voient le jour en Europe et en Asie dès lors que le marché sera devenu plus mature. Bien qu’étant un acteur de premier plan, ce lancement est également l’occasion de travailler avec de nouveaux clients pour TP ICAP. La dirigeante explique que ce sera l’opportunité « à la fois de travailler avec des acheteurs pluridisciplinaires avec lesquels nous travaillions parfois sur la couverture du change par exemple, et de tisser des liens avec des entreprises plus spécialisées qui ne nous sollicitaient pas auparavant. »

 

Fluidifier

 

Ce marché lui semble en effet être le terrain de jeu idéal pour apporter toute la plus-value qu’un acteur du courtage propose, le fonctionnement passé de l’uranium « basé sur une petite taille de marché où tous les acteurs se connaissent, ne nous semble plus pertinent. On souhaite s’inscrire dans un marché plus mature et liquide, dans lequel les nouveaux entrants trouvent leur place. » Pour Lorraine Sereyjol-Garros, les négociations de gré à gré montrent aujourd’hui leurs limites : « Elles font courir le risque de ralentir les flux, et le manque de transparence nuit à toutes les parties. Il ne s’agit pas de sortir du gré à gré – y compris sur un marché qui n’a pas vocation à être coté en continu – mais de le faire évoluer. Face à la montée en puissance de la demande, le fonctionnement actuel génère trop de frictions et pas assez de visibilité. L’accès doit être simplifié pour éviter de freiner les échanges. » Dans ce contexte, TP ICAP se positionne avant tout comme un facilitateur neutre, apportant structure, accès et transparence, sans se substituer aux acteurs du marché. « Notre rôle est de fluidifier les échanges et de créer un cadre de confiance, pas de transformer la nature du marché. »

L’avenir pourrait cependant bouleverser un marché constitué exclusivement de professionnels pour l’heure et qui n’est pas un marché réglementé. L’intérêt pour le secteur grandit de mois en mois, en témoigne la collecte massive de l’ETF Uranium and Nuclear Technologies, celui-ci ayant atteint le milliard de dollars à la fin de l’année passée moins de trois ans après son lancement.

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