Macro-économie / Taux
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Une Française propulsée à la tête d’un prestigieux département de la BRI / Hélène Rey va chapeauter les questions économiques et monétaires
Année 2026 chargée pour Hélène Rey. Alors qu’elle planche pour le compte de la présidence française du G7 sur les déséquilibres mondiaux, la chercheuse vient de se voir nommée à la tête du département "monétaire et économie" ainsi que conseillère économique de la Banque des règlements internationaux (BRI). Elle va succéder à Hyun Song Shin à compter de septembre et intégrera le comité exécutif de la BRI.
Ce département mène des travaux de recherche et d’analyse sur des questions de politique économique d’intérêt pour les Banques centrales, vient en soutien aux comités de la BRI et organise des réunions de hauts responsables des Banques centrales.
Depuis quelques années, la Française a souvent été citée pour prendre un poste à haute responsabilité dans une organisation de premier plan. Son nom avait circulé pour devenir cheffe économiste de la Banque centrale européenne (BCE), gouverneure de la Banque de France ou encore cheffe économiste du Fonds monétaire international (FMI).
Âgée de 56 ans, Hélène Rey est titulaire d’un doctorat en économie de la London School of Economics et de l’EHESS, et est diplômée de l’université Stanford ainsi que de l’ENSAE. Professeure à la London Business School, elle est également vice-présidente du Centre for Economic Policy Research (CEPR).
Ancienne membre du Conseil d’analyse économique (CAE) et du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), Hélène Rey a reçu, comme Jean Tirole et Philippe Aghion avant elle, le prestigieux prix Yrjö-Jahnsson en 2013, qui récompense un économiste européen de moins de 45 ans ayant apporté "une contribution dans la recherche théorique et appliquée d’une importance remarquable pour l’étude de l’économie en Europe".
Ses travaux portent sur la macroéconomie financière internationale, en particulier sur la stabilité financière, les flux de capitaux, les taux de change et le système monétaire international.
Elle est notamment connue pour avoir, il y a treize ans, remis en question, lors du grand raout annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, le trilemme de Mundell. Celui-ci stipule qu’un pays ne peut disposer à la fois d'un taux de change fixe, d'une politique monétaire indépendante et de la libre circulation des capitaux (seuls 2 parmi les 3 sont possibles).
Aujourd’hui, les économies avancées ont choisi de renoncer au taux de change fixe en laissant leur monnaie flotter. Cela leur permet de profiter des bienfaits de la libre circulation des capitaux tout en pilotant les taux d’intérêt directeurs au service d’objectifs internes (stabilité des prix, plein-emploi). Hélène Rey estime que cette indépendance est toute relative.
En effet, l’économiste juge qu’il existe un cycle financier mondial, influencé par la Réserve fédérale américaine (Fed), ayant un impact sensible sur les flux de capitaux internationaux, ceux-ci affectant à leur tour la distribution de crédit et le prix des actifs des économies, ce dont leur politique monétaire doit tenir compte.
Dans ce cadre, laisser le taux de change flotter ne suffit pas pour être en mesure de conduire une politique monétaire indépendante. Plutôt qu'un trilemme, Hélène Rey parle d’un dilemme : laisser les capitaux circuler librement ou bénéficier d’une autonomie monétaire.
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