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Sur les marchés

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Actionnariat du CAC 40 : deux tendances se lisent chez les gestionnaires d’actifs / Ils tiennent leur premier rang de détenteurs du capital de ses entreprises

Les gestionnaires d’actifs ont confirmé leur poids dans l’actionnariat de l’indice phare de la Bourse de Paris, se classant ainsi, en cumulé, toujours premiers parmi les différentes catégories d’investisseurs. La gestion passive tend à augmenter au fil des années, tandis que la composition de leur "top cinq" est aussi stable. Le palmarès des dix principaux actionnaires du CAC 40 reste toutefois dominé par les grandes familles.
Euronext in Paris. (Photo de MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP)
Euronext in Paris. (Photo de MUSTAFA YALCIN / ANADOLU / Anadolu via AFP)

Grandes familles, gestionnaires d’actifs, État français, fonds souverains étrangers, investisseurs industriels et individuels, institutions financières… à l’occasion de la Conférence annuelle d’Euronext se tenant ce mardi, l’opérateur boursier paneuropéen a publié la 8ème édition de son étude sur l’actionnariat du CAC 40. Une analyse portant sur sa composition à la fin de l’année 2024, ayant mobilisé les rapports annuels et documents de référence des entreprises composant l’indice phare de la Bourse de Paris, différentes bases de données, et reposant aussi sur un contact direct accru avec certaines entreprises, notamment pour gagner des informations supplémentaires sur les actionnaires « retail ». Le baromètre a permis d’identifier environ 67 % de l’actionnariat du CAC 40 (équivalant à 1 587 milliards d’euros de capitalisation boursière), une proportion en légère hausse par rapport à l’étude précédente.

Il en est ressorti à fin 2024, comme en 2023, que les gestionnaires d’actifs pèsent le plus lourd dans la détention du capital des entreprises du CAC 40, à hauteur de 25 % (contre 25,2 % en 2023). Ils dépassent ainsi de peu les grandes familles et fondateurs d’entreprises (20,4 %). Les investisseurs industriels et l’État français affichent quant à eux des taux respectifs de 2,5 % et 2,4 %.

« Il y a deux tendances à l’intérieur de cela. D’abord, la gestion passive continue de progresser depuis 2021. Les encours sont toujours soutenus, il y a une collecte assez forte dans cette classe d’actifs, notamment sur la gestion indicielle et les ETF. La deuxième tendance est celle de la concentration des acteurs sur le "top cinq" des gestionnaires d’actifs », a commenté Mathieu Caron, Group Head of Primary Markets chez Euronext.

Sur la première tendance, 1 200 fonds passifs ont en effet été recensés par Euronext, sur 10 000 fonds investis sur l’indice au total. Les premiers pèsent ainsi à hauteur de 8,8 % de l’actionnariat connu du CAC 40, contre 7,2 % en 2023 ou 6,7 % en 2022. La progression de la gestion passive, au sein de la gestion d’actifs, s’observe aussi sur du plus long terme. Sa part, rapportée à l’ensemble des encours de gestion investis dans le CAC 40, a progressé de 18,7 points depuis 2012. « Elle représente aujourd’hui plus du tiers de l’ensemble des encours en gestion d’actifs, avec des proportions différentes en fonction des acteurs. C’est une tendance de fond d'utilisation des ETF. Pourquoi cet intérêt croissant ? La simplicité d’accès, de moindres coûts de gestion, ainsi qu’une adoption grandissante pour les particuliers », a détaillé Mathieu Caron, Cette tendance sur les encours ETF se reflète à l’échelle de l’Europe : ils sont passés d’environ 1 100 milliards d’euros en 2020 à près de 2 200 milliards en 2024, et même 2 400 milliards en 2025.

 

Des actionnaires individuels intéressés

 

S’agissant des investisseurs particuliers, leur poids se renforce par ailleurs. Vingt-sept entreprises du CAC 40 ont rendu disponibles des informations à ce sujet, soit en les publiant dans leur rapport annuel, soit à la suite d’une demande directe de la part d’Euronext (contre 21 en 2023). Ainsi, en 2024, la part moyenne de l’actionnariat individuel pour ces entreprises s’établissait à 9,4 %. Les positions individuelles identifiées, rapportées à la capitalisation totale du CAC 40, ont permis de faire ressortir un taux de 6,8 %, en moyenne, de détention individuelle de l’indice. Soit une nette progression par rapport aux 5,4 % de 2023. Et classant donc les actionnaires individuels au troisième rang de détenteurs de l’indice.

Les volumes d'échange, sur les 27 sociétés, restent par ailleurs significatifs. « Nous trouvons toujours plus d’investisseurs particuliers qui investissent en Bourse et notamment dans le CAC 40 », a souligné Mathieu Caron.

La deuxième tendance est donc celle de la concentration chez les gestionnaires d’actifs. Parmi eux, les cinq principaux actionnaires de l’indice restent BlackRock, Vanguard, Capital Group, Fidelity Investments et Amundi. Ils détiennent ensemble 9,2 % du CAC 40, contre 8,6 % en 2023. Les trois premiers figurent d’ailleurs à titre nominatif dans le « top 10 » des actionnaires du CAC 40, qui tient à lui seul 30,1 % du capital de ses sociétés. Si la représentation des gestionnaires d’actifs (7,3 % pour les trois en cumulé, soit la deuxième position) est certaine, ils restent loin derrière les grandes familles. Les Hermès, les Arnault et les Bettencourt Meyers composent le trio de tête et sont rejoints par la famille Del Vecchio. Elles représentent toutes ensemble 17,6 % de l’actionnariat du CAC 40.

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