Dirigeants, gouvernance / Sanofi
Dirigeants, gouvernance
Sanofi
Sanofi appelle Christel Heydemann à son conseil d’administration / La patronne d’Orange doit succéder à Patrick Kron
Au moment où Sanofi s’apprête à tourner une page importante de son histoire managériale, avec l’arrivée de Belen Garijo à la direction générale lors de l’assemblée générale du 29 avril en remplacement de Paul Hudson, dont le départ a été acté plus tôt que prévu, c’est également une longue présence au conseil d’administration qui s’achève. Douze années après son entrée au sein de l’instance, Patrick Kron ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat. Pour lui succéder, Sanofi propose la nomination de Christel Heydemann en qualité d’administratrice indépendante.
C’est en mai 2014, alors qu’il était encore à la tête d’Alstom et engagé dans les négociations autour de la cession de la branche énergie du groupe à General Electric, opération devenue par la suite très controversée, que le polytechnicien et ancien élève des Mines avait rejoint le conseil du laboratoire français. Patrick Kron allait devenir l’un des membres les plus constants de l’instance, y siégeant jusqu’à présider le comité des nominations, de la gouvernance et de la RSE. Au total, il aura vu son mandat renouvelé à trois reprises et son implication est décrite comme « décisive » par le président Frédéric Oudéa, notamment dans les « importantes décisions en matière de gouvernance ».
De son côté, Christel Heydemann, 51 ans, dirige Orange depuis avril 2022, où elle a été nommée avec le soutien de l'Élysée et de Bercy pour succéder à Stéphane Richard. Elle est, à ce titre, la première femme à avoir dirigé l'opérateur historique et la deuxième à la tête d'une entreprise du CAC 40 après Catherine MacGregor d'Engie. Son profil est celui d'une ingénieure de formation - École polytechnique et École nationale des ponts et chaussées - ayant forgé l'essentiel de sa carrière dans l'industrie technologique et les grandes transformations d'entreprises.
Depuis ses débuts dans les télécoms, Christel Heydemann a occupé des responsabilités à la fois opérationnelles et stratégiques. Chez Alcatel, puis Alcatel-Lucent à partir de 1999, elle gravit les échelons commerciaux avant de prendre en charge les ressources humaines et la transformation du groupe en 2011, un passage qui l’amène notamment à piloter un plan de restructuration d’ampleur. Elle rejoint Schneider Electric en 2014 pour diriger la filiale française, avant de prendre en 2021 la responsabilité des opérations européennes. C’est de là qu’elle est appelée à prendre la tête d’Orange, où elle siégeait déjà au conseil d’administration depuis 2017.
À la tête de l’opérateur, Christel Heydemann met en œuvre le plan stratégique « Lead the Future », centré notamment sur l’accélération de la fibre et de la 5G, le repositionnement d’Orange Business sur le cloud et l’intelligence artificielle, ainsi que sur une consolidation européenne plus active.
Avec l’arrivée de Christel Heydemann et celle de Belen Garijo comme directrice générale et administratrice, le conseil resterait composé de 16 membres, dont 57 % de femmes hors représentants des salariés, un équilibre que le groupe met explicitement en avant. Deux autres mandats seront par ailleurs soumis au renouvellement lors de la même assemblée : ceux de Christophe Babule et de Jean-Paul Kress, respectivement ancien directeur financier de L’Oréal et dirigeant dans le secteur des sciences de la vie.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

