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Robertet déroule sa stratégie d’innovation en investissant dans Aethera Biotech / Un partenariat gagnant-gagnant appelé à monter en puissance
Robertet entre sur le terrain des biotechnologies végétales. Le leader des produits naturels, pour les parfums, arômes alimentaires ou actifs de santé et cosmétique, annonce vendredi un investissement stratégique dans Aethera Biotech. Il se traduira par la création d’une joint-venture avec sa maison mère, le groupe familial italien Cereal Docks. Le but : franchir un nouveau palier de collaboration avec cette spécialiste des actifs cosmétiques avancés, issus de procédés de multiplication cellulaire. Derrière cette appellation technique, se cache une méthode de production durable d’extraits naturels, inspirée des mécanismes naturels des plantes. Réalisée dans des conditions contrôlées, elle représente une alternative à celles qui sont plus traditionnelles. Une manière de créer des solutions combinant la naturalité et la technologie, dans la droite ligne de la stratégie et des méthodes de Robertet.
« Nous partageons la même vision avec la famille fondatrice Fanin, nos approches et nos valeurs sont similaires. Le modèle d’affaires de Robertet est fondé sur la biomasse naturelle dont l’avenir et la disponibilité, au regard du changement climatique et des évènements géopolitiques, sont à anticiper. Il faut donc rechercher des solutions alternatives pour les produire, ce qui correspond à notre stratégie de naturalité augmentée. Et l’un des pans de cette approche est celle des biotechnologies d’origine végétales, dans lesquelles nous avions la volonté de nous installer », explique Olivier Maubert, directeur de l’Innovation du groupe et directeur de la division Health & Beauty de Robertet, à WanSquare. Basée dans le nord de l’Italie, la biotech s’appuie pour l’heure sur une équipe de 25 collaborateurs - allant de la R & D à l’industrialisation -, tandis que ses innovations sont protégées par un portefeuille de huit brevets, couvrant ses produits et sa technologie propriétaire.
Un accélérateur de développement
L’investissement de Robertet dans la co-entreprise se réalisera en deux phases, sur une période de trois ans. À terme, elle sera détenue à parts égales entre les deux groupes et une prise de contrôle n’est pas anticipée. Le but, pour Cereal Docks, n’est en effet pas de céder la production et les laboratoires de cette filiale créée en 2016, explique Olivier Maubert, alors qu’un partenariat avait déjà été noué avec le groupe il y a désormais deux ans. Mais plutôt de bénéficier des expertises de Robertet pour lui trouver de nouveaux débouchés commerciaux et accélérer son développement sur des applications topiques, destinées au marché de la cosmétique. Un terrain que l’entreprise agroalimentaire ne connaît que peu, à l’inverse du groupe grassois, qui y traite avec une clientèle établie – dont font partie L’Oréal, Shiseido ou encore Clarins.
Cette appréciation fine lui permettra de donner les bonnes orientations de développement à Aethera Biotech, de lui ouvrir son carnet d’adresses mais aussi d’étoffer ce dernier, grâce à de nouvelles propositions à forte valeur ajoutée, en se chargeant de la distribution du portefeuille. Le chiffre d’affaires de la biotech n’est pas communiqué. L’objectif sera de le multiplier par dix sur les cinq prochaines années. « Nous allons investir et travailler ensemble. Aethera Biotech nous apporte l’expertise du développement d’ingrédients actifs cosmétiques avancés, et nous leur apportons les capacités à s’installer sur leur marché cible », résume Olivier Maubert.
Bénéfices en cascade
Au-delà de l’ajout pour l’expertise en biotechnologies de Robertet, grâce à l’intégration de son équipe scientifique et de sa plateforme technologique qui serviront ses développements futurs, le groupe contrôlé par la famille Maubert va aussi pouvoir s’exposer de manière certaine au marché des actifs cosmétiques topiques. Ce renforcement devrait ainsi venir soutenir la croissance de sa division « health and beauty », dont l’accélération de la trajectoire a été placée au cœur de son plan stratégique à l’horizon 2030. « Nous avons la volonté de la développer, grâce à des acquisitions ou l’ouverture de nouveaux marchés, comme c’est ici le cas, afin qu’elle devienne plus visible par rapport à nos autres activités. Et elle est aujourd’hui performante dans la nutrition cosmétique, à l’instar des compléments alimentaires, moins sur la cosmétique dont les bénéfices des actifs sont prouvés. Ce partenariat renforcé nous donne toute la légitimité pour s’y installer », détaille Olivier Maubert.
Le groupe aurait tort de s’en priver, puisque ce marché est en pleine croissance. Celui spécifiquement visé par Robertet, correspondant à la volonté de ses clients cosmétiques de développer des produits pointus, situés au croisement de la santé et de la beauté, est de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros. « Grâce à cette hyperspécialisation biotechnologique, nous allons avoir une activité ciblée, qui permet d’aller plus loin que la seule efficacité visible sur la peau », remarque Olivier Maubert. Pour autant, la sécurisation d’un accès à des ingrédients naturels innovants, tout comme la commercialisation du portefeuille d’Aethera Biotech, profitera aussi à l’ensemble de la croissance du groupe à long terme. Ceci pourra par exemple bénéficier à sa division de parfumerie. « Cette opération traduit notre conviction que les biotechnologies joueront un rôle croissant dans la création de solutions durables à forte valeur ajoutée. Elle soutient notre ambition de renforcer notre leadership dans les produits naturels tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’innovation et de croissance pour nos clients », a quant à lui souligné Jérôme Bruhat, le directeur général du groupe, à l’occasion de l’annonce.
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