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Macro-économie / Taux / Programmation énergétique / PPE / 2030

Macro-économie / Taux
Programmation énergétique / PPE / 2030

Une PPE qui entend concilier transition énergétique et souveraineté / Le gouvernement mise conjointement sur le nucléaire et les renouvelables

Deux leviers pour poursuivre la décarbonation de l’Hexagone. La PPE 3 fixe un cap en termes de production énergétique décarbonée - compris entre 650 et 693 TWh contre 544 à date. La trajectoire dessinée aura mis longtemps à se concrétiser puisqu’alors que le texte doit être publié au Journal officiel dans la nuit de jeudi à vendredi, sa genèse remonte à 2022 et à un discours d’Emmanuel Macron, président de la République, à Belfort.
Mix énergétique tricolroe. Photo par MATTHIEU DELATY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Mix énergétique tricolroe. Photo par MATTHIEU DELATY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Une ligne de crête. La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) ne donne pas la primauté au nucléaire ni aux énergies renouvelables. Elle se place en droite ligne avec l’électrification des usages prônée par RTE à la fin de l’année dernière. Celle-ci devant permettre de réduire drastiquement l’usage du fossile d’ici 2035 – il devrait être ramené à 330 TWh contre 900 TWh en 2023 –, qui verrait sa part dans la consommation tricolore diminuer en conséquence.

L’objectif étant de passer d’une proportion de 60 % d’énergies fossiles à 60 % d’énergie décarbonée en 2030, avant une montée de la part de cette dernière à 70 % d’ici 2035. Un impératif qui répond à un objectif de souveraineté dessiné depuis des mois par le gouvernement, celui-ci mettant expressément la priorité sur la réduction de la dépendance hexagonale au gaz et au pétrole. La porte reste ouverte cependant à des adaptations aux évolutions de la situation tricolore. Pour l’heure, les acteurs soulignent à l’instar d’EDF que ce texte « donne de la visibilité aux acteurs industriels, aux investisseurs et aux territoires, à l’heure où la priorité est à l’électrification des usages ».
 

 

Ajuster

 

Les orientations du texte dévoilées ce jeudi indiquent que pour la première fois il y aura l’intégration d’une clause de revoyure – en 2027 – pour être à même d’adapter la trajectoire aux besoins énergétiques « réellement constatés ». Une façon de permettre un changement de cap plus graduel à l’avenir, la nouvelle PPE intervenant 6 ans après la précédente et affirmant ce qui était pressenti de longue date à savoir la relance effective du nucléaire. Là où en 2020, il était question de fermer près de 14 réacteurs, il est désormais acté de construire 6 EPR2 et de prolonger l’outil de production existant.

Ce dernier devant être optimisé afin de produire dès 2030 jusqu’à 420 TWh, là où ce chiffre n’était que 320 TWh en 2023. Conjointement à une réforme de l’hydroélectricité dont l’objectif est « d’augmenter à hauteur de 2,8 GW les capacités des barrages ». Chaque filière des renouvelables est également dotée d’objectifs ambitieux qu’il s’agisse de l’éolien en mer – 15 GW de puissance installée en 2035 -, le photovoltaïque – jusqu’à 80 GW en 2035 contre 30 GW à date - ou encore l’éolien terrestre – la borne haute étant fixée à 40 GW en 2035 là où les capacités sont de 24 GW en 2025. Autant d’ambitions qui pourront donc être révisées à la hausse ou à la baisse et ce dès 2027.

Le scénario d’une production d’électricité ostensiblement supérieure à la demande pouvant rapidement tirer la sonnette d’alarme, tant RTE avait averti du coût élevé d’un tel scénario où l’électrification des usages ne tiendrait pas le rythme de la hausse des capacités. Une crainte partagée par Benoît Coquart, président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, lequel estime qu’il « est nécessaire de créer les conditions d’un véritable choc d’électrification, une nécessité souveraine et écologique. Il est désormais urgent d’accélérer les consommations électriques en France, dans l’industrie, dans les data centers, dans la mobilité et dans le bâtiment, pour tirer le meilleur parti de l’électricité la plus décarbonée et la plus compétitive d’Europe ».

 

Enveloppe réduite

 

Les ressources publiques semblent être les seules à ne pas être à la hauteur des ambitions de cette PPE. Bien que succincte, la partie concernée aux finances publiques évoque une « trajectoire maîtrisée » ainsi qu’une « minimisation des coûts pour l’État ». Il est ainsi question de « mieux responsabiliser les producteurs d’énergies » et d’éviter toute situation de rente. La trajectoire dessinée étant une dépense budgétaire affectée aux énergies renouvelables divisée par deux à horizon 2040 – dans un scénario de prix médian – avant de peu à peu s’éteindre à compter de 2055.

Un coût moindre qui n’empêcherait pas les retombées de la PPE d’être vertueuses pour l’emploi, les appels d’offres à venir étant annoncé comme intégrant « autant que possible des critères permettant de favoriser l’industrie européenne ». Cela devrait se traduire par de nombreux emplois supplémentaires d’ici la fin de la décennie avec près de 38 000 en plus dans le photovoltaïque, 50 000 dans le nucléaire, 28 000 dans le nucléaire.

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