WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Souveraineté technologique : des paradoxes s’imposent aux dirigeants européens / Une nette volonté de la favoriser, sans qu'elle ne soit indispensable

Une étude conduite par VivaTech, ayant permis d’interroger plus de 1 500 dirigeants d’entreprises technologiques en Europe et en Amérique du Nord, fait ressortir certains contrastes quant à la vision de la souveraineté technologique des patrons du Vieux continent. Bien que favorisée, elle semble moins indispensable dans leurs choix qu’outre-Atlantique. Néanmoins, leur confiance reste avant tout accordée aux solutions européennes.
VivaTech 2025. (Photo de Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
VivaTech 2025. (Photo de Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

S’il faudra attendre la fin du mois de juin pour que s’ouvre l’édition annuelle de VivaTech, l’accélérateur organisant chaque année ce grand rassemblement de la Tech européenne commence à prendre le pouls des dirigeants d’entreprises sur certains sujets. Et au travers d’un sondage ayant été réalisé, entre novembre et décembre dernier, auprès de plus de 1 500 patrons d’entreprises technologiques, de start-ups ou de scale-ups en Europe et en Amérique du Nord, il semblerait que plusieurs paradoxes ressortent à propos de celui de la souveraineté technologique.

« Ce baromètre 2026 dessine une nouvelle géographie de la confiance technologique : des dirigeants américains et britanniques qui jugent indispensables la nationalité de leur fournisseur tech et une majorité des Européens qui la considère comme un ‘plus’. Cette divergence n’est pas anecdotique, elle révèle deux visions de la souveraineté, l’une ‘de fait’, l’autre ‘contrariée’ », explique ainsi François Bitouzet, directeur général de VivaTech. En effet, de manière générale, au moment d’adopter un nouvel outil technologique, 92 % des patrons favoriseraient un futur partenaire partageant leur nationalité, tandis que près de la moitié d’entre eux ferait de ce point commun un critère non négociable. Néanmoins, ce caractère se dessine bien davantage dans les pays anglo-saxons, à hauteur de 57 % aux États-Unis et au Royaume-Uni. Sur le Vieux continent, seuls les Pays-Bas considèrent cette notion comme indispensable.

Des témoignages qui coïncident avec d’autres chiffres. Par exemple, 80 % des dépenses en logiciels et services cloud professionnels de l’Europe restent actuellement captées par des acteurs américains, a-t-il été rappelé lors des Rencontres de la souveraineté numérique la semaine dernière à Bercy. Soit 265 milliards d’euros par an, qui pourraient aller en grandissant du fait de l’intelligence artificielle (IA) générative et du quantique.

Il se trouve en tout cas, qu’en termes de confiance, l’origine géographique des solutions technologiques influence très nettement celle qui leur est accordée, pour 86 % des patrons.

Près d’un dirigeant sur deux cite son propre pays comme celui à qui il fait le plus confiance. En revanche, cette dernière s’étend aussi au-delà des frontières nationales, sous réserve d’une forme de proximité géographique. Par exemple, si les dirigeants états-uniens sont 51 % à avoir confiance dans leur pays, ils valorisent encore davantage l’ensemble du continent nord-américain. L’Europe continentale, de son côté, est plutôt alignée : 43 % des dirigeants privilégient les solutions du continent. En France, 63 % des patrons font le plus confiance aux solutions européennes. Néanmoins, le Royaume-Uni semble plus tiraillé. S’il est tout particulièrement confiant en ses capacités, il place de son côté l’Europe à égalité avec ces dernières.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article