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Médiation du crédit : les entreprises s’en saisissent encore trop tardivement / Un dispositif dont l'efficacité ne se dément pas

Entre la confirmation de la baisse des sollicitations, et celle du taux de succès annuel de ses services, le rapport annuel de la Médiation du crédit apporte de bonnes nouvelles sur la résilience financière des TPE et PME françaises, tout comme du côté de l’efficacité de l’aide qui leur est proposée lorsqu’elles rencontrent des difficultés. Toutefois, alors que le niveau d’éligibilité des demandes de médiation est resté stable en 2025, la part de celles à y recourir trop tardivement - et ne pouvant ainsi en profiter - est en nette augmentation depuis 2022.
Banque de France. (Photo de Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Banque de France. (Photo de Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Des recours tardifs dommageables. Au terme d’une année 2025 au cours de laquelle les défaillances d’entreprises ont atteint un nouveau record, l’enjeu de pousser les chefs d’entreprise à se saisir des dispositifs d’accompagnement qui leur sont offerts de manière précoce résonne avec d’autant plus d’écho. Le rapport annuel de la Médiation du crédit est venu apporter de la matière à ce constat. Si le niveau d’éligibilité des demandes de médiation auprès de ce service offert par la Banque de France aux TPE et PME françaises est resté stable par rapport à l’année précédente (soit 43 % en 2025), il reste toutefois bien inférieur à celui qui avait été observé en période pré-pandémique (64 % en 2019).

Un recul tenant aux caractéristiques des demandes, notamment quant à leur calendrier de dépôt. Elles sont en effet parfois tardives au regard de l’évolution de la situation financière de l’entreprise. Cette dernière ressort alors trop dégradée (fonds propres négatifs, risques de cessation de paiement) lors de la saisine, pour pouvoir effectivement relever de la Médiation du crédit. Ces situations d’inéligibilité sont en forte hausse, alerte l’organisme. Elles sont passées de 13 % des motifs identifiés dans les dossiers en 2022, à 22 % en 2025.

Les motifs les plus significatifs d’inéligibilité restent néanmoins ceux des demandes hors champ de la médiation ou l’orientation vers d’autres dispositifs, comme les conseillers départementaux, aux entreprises en difficulté (43 % en cumulé). Des signaux qui permettent de souligner dans l’ensemble, de nouveau, le besoin d’évolution de l’accompagnement des petites entreprises, comme l’avait fait ressortir le rapport du Médiateur national du Crédit et du Médiateur des entreprises, sur les dispositifs de détection précoce et de soutien aux entreprises en difficulté, rendu à la ministre déléguée chargée du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Économie sociale et solidaire en avril dernier. Parmi les chantiers prioritaires, l’on y retrouvait notamment le besoin de transition de la logique d’accompagnement, afin d’aller vers les entreprises confrontées à des difficultés, ou bien de renforcer dans les territoires l’articulation entre les acteurs publics, privés et association, pour faciliter l’accès aux services rendus.

 

Les bienfaits de la ponctualité

 

Saisir la Médiation du crédit en temps et en heure présente, de fait, un avantage non négligeable pour les entreprises. Les demandes éligibles ont abouti dans 64 % des cas à l’adoption de solutions de nature à dépasser les difficultés de financement des entreprises, explique le rapport. Ce qui a permis à ce taux de succès de se stabiliser à un niveau comparable à la période pré-pandémique, après un recul marqué lors de la crise sanitaire. En 2025, 1 034 dossiers ont ainsi été éligibles à la Médiation du crédit, ce qui confirme aussi la baisse des sollicitations amorcées en 2022 et le retour à un niveau de saisine équivalent à la période ayant précédé la crise sanitaire.

Parmi elles, 215 ont concerné des restructurations de Prêts garantis par l’État (PGE), prévues dans le cadre de l’Accord de place spécifique signé début 2022, et prolongé jusqu’à la fin 2026 – soit une baisse de 45 % sur un an. Les demandes sont principalement en provenance de TPE de moins de 11 salariés (83 %), qui exercent dans les secteurs des services, du commerce, de la construction et des industries extractives et manufacturières. Les interventions des médiateurs départementaux ont permis de préserver 5 113 emplois, au sein de 554 entreprises dans les territoires.

Les saisines sont principalement relatives à difficultés ayant trait à des financements précédemment octroyés, qu’il s’agisse de la rupture de financement bancaire, ou de réaménagement de dette bancaire. Ce bilan reste à mettre en regard d’un contexte caractérisé par un accès au financement globalement favorable, comme l’avait souligné le rapport annuel de l’Observatoire du financement des entreprises.

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