Macro-économie / Taux / cryptoactifs / OSMP / Denis Beau
Macro-économie / Taux
cryptoactifs / OSMP / Denis Beau
La fraude aux moyens de paiements change de visage en France / Elle n'explose pas pour autant
Une hydre aux multiples têtes. C’est peu ou prou le sentiment face au panorama décrit par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements (OSMP). Les chiffres dévoilés par ses soins se félicitent certes que le premier semestre 2025 témoigne d’une "forte baisse de la fraude à la carte (- 9,8 % à 211 millions d’euros), dont le taux de fraude atteint un nouveau plus bas niveau historique (0,048 % contre 0,053 % en 2024)" ou encore de la baisse de la fraude au chèque (de l’ordre de – 16 % pour un total de 123 millions) cependant des signaux moins positifs sont également évoqués concernant l’année dernière.
Les équipes de l’Observatoire expliquent que dans le même temps, « quelques signaux ‘faibles’ pointant vers une hausse de la fraude au prélèvement et aux effets de commerce (lettres de change et billets à ordre) » apparaissent. Julien Lasalle, adjoint au directeur des études et de la surveillance des paiements, a précisé ce matin que bien que les taux de fraudes associés demeurent peu élevés, la progression constatée dernièrement pousse à la vigilance. Il s’agit d’ailleurs de la troisième priorité de l’OSMP pour les mois à venir, les autres se trouvant être d’une part le renforcement de la lutte contre la fraude par manipulation en coopération avec les secteurs de télécommunications et du numérique et d’autre part l’amélioration de la prévention de la fraude sur les paiements à distance non sécurisés par carte.
Dialogue
Interrogé sur la démarche entamée avec les réseaux sociaux, Julien Lasalle a expliqué qu’un dialogue bilatéral est mené avec les différentes plateformes et que celles-ci sont réceptives. Notamment puisqu’il existe un impact réel sur leur notoriété si elles ne parviennent pas à juguler les fraudes existantes sur leurs sites. Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France et président de l’OSMP, est allé en ce sens expliquant que dans les mois à venir il veillera à recommander « le déploiement de nouvelles mesures techniques et à attendre le champ du dialogue et de la coopération menée sous son égide aux grands acteurs du numérique ».
Symbole de ce combat à mener sans relâche, les données publiées ce mardi établissent qu’après "une stabilisation en 2024, les fraudes par manipulation repartent à la hausse (+ 37 % à 245 millions d’euros), notamment sur les virements réalisés depuis la banque en ligne des particuliers et des professionnels". Face à cette hausse, la mise en service prochaine - mai 2026 - d’un nouveau fichier des IBAN signalés pour risque de fraude est attendue avec impatience pour limiter cette dynamique.
Sur ses gardes
L’évolution de l’utilisation des moyens de paiement ne signifie pas pour autant que ceux qui tombent en désuétude ne font pas l’objet d’attention, bien au contraire puisqu’ils représentent toujours des volumes importants. Le chèque voit ainsi sa fraude diminuer considérablement – 16 % au premier semestre 2025 pour un total de 123 millions d’euros – certes porté par la baisse de son usage mais également par de meilleurs dispositifs bancaires de détection des encaissements frauduleux. L’OSMP incite néanmoins à une meilleure sécurisation des remises de chéquiers tout comme elle appelle à la simplification des procédures d’opposition.
Les changements d’habitude allant vers des paiements plus rapides sont évidemment scrutés de près avec une hausse des virements instantanés de quelque 70 % en nombre grâce à sa gratuité depuis janvier 2025, tout comme la forte dynamique du paiement mobile (+ 41 %) l’est également. Ce qui a incité l’institution à adopter des canaux de communication tout aussi moderne qu’il s’agisse de Facebook, TikTok qui sont venus s’ajouter aux affichages plus traditionnels dans les médias ou sur des panneaux d’affichages physiques. Les membres de l’Observatoire ont également martelé ce mardi matin qu’à bien des égards la France était pionnière dans cette lutte et allait plus loin que la majorité du Vieux continent. La présentation début avril – conjointement avec le Comité national des moyens de paiement – d’une étude sur la sécurité des paiements par crypto-actifs devrait être l’occasion de le vérifier.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

