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Davos : Satya Nadella définit les contours d’une bulle de l’IA / Des clés qui se trouvent dans la répartition de ses bénéfices et sa diffusion à grande échelle

Lors d’une conversation avec le président-directeur général de BlackRock, Larry Fink, au Forum économique mondial de Davos, le dirigeant de Microsoft a été sondé sur les risques d’une bulle spéculative liée à l’intelligence artificielle. Selon lui, l’utilisation mondiale plus large de la technologie, ainsi que sa diffusion et application dans tous les secteurs de l’économie, seront nécessaires pour éviter un tel risque et permettre à l’IA de générer véritablement de la croissance économique.
Larry Fink et Satya Nadella au Forum économique mondial de Davos. Crédits : WEF
Larry Fink et Satya Nadella au Forum économique mondial de Davos. Crédits : WEF

Du patron d’OpenAI Sam Altman à celui de Google, Sundar Pichai, en passant par les fondateurs respectifs de Microsoft et Amazon, Bill Gates et Jeff Bezos, les grands décideurs de la Tech américaine n’ont pas caché ces derniers mois leurs avis quant à une possible bulle spéculative de l’intelligence artificielle (IA), la probabilité de son éclatement et des conséquences que cela aurait sur les entreprises.

Un sujet sur lequel Larry Fink, le président-directeur général de BlackRock, a souhaité sonder le dirigeant de Microsoft, Satya Nadella, lors d’une conversation organisée au forum de Forum économique mondial (WEF) de Davos mardi. "Il se dit beaucoup de choses sur une possible bulle de l’IA. Ce que nous observons, en tant qu’investisseurs, est que le plus important est la démocratisation de la technologie et sa diffusion réelle, qui transforme ensuite la demande. Les entreprises et les pays qui la diffusent le plus rapidement seront les grands gagnants, pas ceux qui la créent", a en effet indiqué le patron du géant de la gestion d’actifs.

 

Plusieurs variables

 

"Pour que l’IA ne soit pas une bulle, par définition, il faudra que ses bénéfices soient répartis de manière beaucoup plus équitable", a de son côté assuré le dirigeant de la firme de Redmond. Selon lui, un signe révélateur d’une bulle serait que l’attention soit uniquement focalisée sur les entreprises technologiques incarnant l’offre d’IA et qu’elles soient les seules à en profiter. À l’inverse, que ses applications – par exemple dans la santé, lorsque l'IA permet de trouver de nouveaux médicaments ou d’accélérer les essais cliniques – soient mises en avant et effectives, sera nécessaire pour rendre la technologie pertinente et adoptable dans différents secteurs de l’économie.

Au-delà de ces derniers, il sera aussi capital que les gains et l’adoption de l’IA se réalisent en dehors des pays les plus développés. "Je suis beaucoup plus confiant dans le fait que cette technologie va, en fait, s’appuyer sur les fondements du cloud et du mobile, se diffuser plus rapidement, infléchir la courbe de productivité et apporter un surplus local et une croissance économique partout dans le monde. Pas seulement une croissance économique tirée par les dépenses d’investissement. Il s’agit d’un calcul ponctuel dans le temps", a indiqué Satya Nadella.

Il est vrai que ces dépenses vont pour l'instant à grande vitesse. Au début du mois de janvier, le président de Microsoft, Brad Smith, avait par exemple fait savoir que la firme prévoyait d’investir 80 milliards de dollars dans la construction de centres de données dédiés à l’IA en 2025. Une tendance alignée sur l’ensemble des différentes annonces récemment formulées par les géants de la Tech américaine, ayant pu susciter des inquiétudes chez les investisseurs. Le dirigeant a néanmoins indiqué, lors de la discussion, que 50 % des dépenses d’investissement du groupe allaient être réalisées en dehors des États-Unis, dépendant de la demande en la matière qui s’y trouverait.

 

Les voies pour y parvenir

 

"Comment voyez-vous cette diffusion se produire dans l’utilisation au niveau des entreprises ou des gouvernements, ce qui finit par créer cette demande, éliminant les craintes d’une bulle ?", a enchaîné Larry Fink. Pour le patron de Microsoft, les organisations devront avant tout repenser la manière dont les flux de travail sont organisés, tout comme leurs structures, afin de réaliser réellement des gains de productivité. Sans ces modifications, de simples ajouts d’outils d’IA n’auront qu’un impact limité. Satya Nadella a aussi pointé qu’il serait nécessaire, pour les entreprises, de mettre en place les garde-fous permettant de ne pas craindre la technologie - car elle se diffusera d’une manière ou d’une autre. De même, il sera tout aussi important de cultiver les compétences internes et un état d’esprit propice, a précisé le directeur général du groupe.

"L’autre grande considération concerne les données. Vous avez une nouvelle couche d’intelligence à disposition, mais elle aura la même qualité que le contexte que vous lui donnez", a ajouté Satya Nadella. "Pourquoi ne voyez-vous pas de résultats immédiats en termes de productivité ? C’est parce que vous devez fournir un travail ardu. C’est pour cela qu’il y aura des différences importantes entre les entreprises ou entre les secteurs. Mais cela sera dû à la volonté des dirigeants au sein d’une organisation", a assuré le patron de Microsoft, rappelant qu’à l’échelle des pays, les coûts de l’énergie seraient un facteur déterminant pour remporter cette course. Enfin, son application à des domaines profitables à l’ensemble de la société – comme la santé ou l’éducation - sera une condition sine qua non de l’acceptabilité sociale de l’utilisation massive de l’énergie que requiert la technologie, a-t-il prévenu.

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