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Rajesh Krishnamurthy prend la direction générale de Sopra Steria / Un profil international pour consolider la trajectoire

Sopra Steria a rapidement refermé la parenthèse ouverte par le départ de Cyril Malarge. Le groupe a officialisé la nomination de Rajesh Krishnamurthy à la direction générale, avec une prise de fonctions début février. Un choix qui met en avant un profil international rompu aux transformations complexes, alors que l’ESN cherche à consolider sa trajectoire après un passage à vide conjoncturel.
Rajesh Krishnamurthy prendra les rênes de la direction générale de Sopra Steria le 2 février 2026
Rajesh Krishnamurthy prendra les rênes de la direction générale de Sopra Steria le 2 février 2026

Le départ surprise de Cyril Malarge vers Alten, annoncé en octobre, n’aura finalement laissé Sopra Steria que peu de temps sans capitaine. Le troisième groupe français de services du numérique a officialisé, en fin de semaine dernière, la nomination de Rajesh Krishnamurthy au poste de directeur général, avec une prise de fonctions prévue le 2 février prochain. Une décision arrêtée par le conseil d’administration à l’issue d’un processus de sélection présenté comme rigoureux, et qui vise à refermer rapidement une parenthèse de gouvernance potentiellement déstabilisante dans un secteur très concurrentiel.

Le choix opéré par Sopra Steria tranche par un profil plus international que celui de son prédécesseur. Français d’origine indienne, Rajesh Krishnamurthy a construit l’essentiel de sa carrière hors du périmètre strict des ESN européennes. Entré chez Infosys au début des années 1990, alors que le groupe indien n’était encore qu’un acteur émergent, il a accompagné sa montée en puissance pendant plus de deux décennies, occupant successivement des fonctions commerciales, opérationnelles puis de direction à l’échelle européenne et mondiale. Cette trajectoire lui a donné une exposition directe aux grands comptes internationaux, mais aussi à la gestion d’organisations étendues et multisectorielles, couvrant notamment la banque, l’aéronautique, l’énergie, les télécoms ou la pharmacie.

 

Un profil international pour des métiers “critiques”

 

Son passage chez CMA CGM, à partir de 2018, puis surtout à la tête d’Expleo depuis 2020, éclaire plus directement encore le pari de Sopra Steria. Chez le groupe de transport maritime, il a été impliqué dans la modernisation des systèmes d’information et des initiatives digitales d’un acteur mondial, avec des exigences élevées de continuité et de fiabilité des opérations. Chez Expleo, il a ensuite conduit un programme de transformation complet, combinant repositionnement stratégique, accélération sur le numérique et les services à base d’IA, et redressement économique. Le groupe met en avant une progression de plus de 50 % du chiffre d’affaires et un doublement de la profitabilité opérationnelle sur la période.

Cette expérience trouve un écho direct dans les métiers historiques de Sopra Steria, fortement exposés aux systèmes critiques, aux grands contrats publics et parapublics, ainsi qu’aux donneurs d’ordre bancaires et industriels. Chez Expleo comme auparavant chez Infosys, Rajesh Krishnamurthy a évolué dans des environnements où la complexité réglementaire, la profondeur sectorielle et la capacité à tenir des programmes de long terme conditionnent l’accès même aux marchés. Sans constituer une rupture stratégique, sa nomination traduit plutôt la volonté du groupe de s’appuyer sur un dirigeant rompu à l’exécution de transformations complexes dans des contextes sensibles, alors que Sopra Steria cherche à consolider sa trajectoire après un point bas conjoncturel.

 

Une fin d’année 2025 mieux orientée

 

Car cette nomination intervient dans une phase particulière pour le groupe. Le troisième trimestre avait marqué un net ralentissement, avec un recul organique de 2,9 %, plus prononcé qu’attendu. Fin octobre toutefois, la direction s’était voulue confiante sur un redressement au quatrième trimestre. Celui-ci doit s’appuyer d’abord sur un fort rebond au Royaume-Uni, l’impact de la perte d’un contrat majeur avec l’administration britannique de l’immigration, le UK Visas and Immigration, étant désormais absorbé. En parallèle, l’activité avec le système public de santé britannique, le National Health Service, devrait sortir du creux observé au troisième trimestre et renouer avec une croissance à deux chiffres.

La France constitue l’autre moteur attendu, avec l’accélération liée à la montée en puissance de plusieurs grands contrats dans le secteur bancaire et à l’exécution de projets publics et parapublics, sans effet négatif identifié à ce stade des débats budgétaires sur les programmes en cours. À ces facteurs s’ajoutent un effet calendaire favorable et une amélioration progressive en Scandinavie, portée par les contrats signés au premier semestre. Dans ses derniers échanges avec la société, Oddo BHF a noté que la trajectoire d’amélioration de la croissance au quatrième trimestre 2025 se confirmait, principalement tirée effectivement par la France et le Royaume-Uni. Le cabinet d’analystes anticipe une croissance organique d’environ 3 % sur la période.

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