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Sopra Steria / Alten

Alten engage sa succession en recrutant le patron de Sopra Steria / Le fondateur, Simon Azoulay, conserve la présidence du groupe

En recrutant le directeur général de Sopra Steria, Alten enclenche sa transition managériale et dissocie la présidence de la direction générale. Simon Azoulay, fondateur du groupe, conserve la présidence et amorce sa succession après trente-cinq ans à la tête de l’entreprise  
Cyril Malargé prendra la direction générale d’Alten au plus tard le 31 janvier 2026
Cyril Malargé prendra la direction générale d’Alten au plus tard le 31 janvier 2026

Nulle clause de concurrence ni entrave à la mobilité des dirigeants dans le secteur des services numériques. Quelques mois après la sanction de l’Autorité de la concurrence pour des accords de non-débauchage entre grands groupes d’ingénierie - Alten, Ausy, Expleo et l’allemand Bertrandt -, le groupe français illustre cette nouvelle fluidité du marché en recrutant le patron de Sopra Steria.

Alten a annoncé jeudi matin l’arrivée de Cyril Malargé au poste de directeur général au plus tard le 31 janvier 2026. Cette nomination s’accompagne de la dissociation des fonctions de président et de directeur général, jusque-là réunies entre les mains de Simon Azoulay, fondateur et actionnaire de référence.

Après plus de trente-cinq ans passés à la tête du groupe qu’il a fondé, Simon Azoulay engage ainsi la première étape d’une transmission longuement préparée. "Je suis très heureux de confier à Cyril Malargé la direction générale du groupe", a-t-il déclaré, précisant qu’il continuera à présider le conseil d’administration et accompagnera la transition.
Le passage de relais, s’il ne rompt pas avec la culture d’ingénieurs d’Alten, marque clairement une inflexion dans la gouvernance et l’organisation du pouvoir au sein du groupe.

 

De Sopra Steria à Alten, la continuité d’un parcours d’ingénieur

 

Âgé de 52 ans, diplômé de l’ESME et docteur en génie électrique, Cyril Malargé a effectué l’essentiel de sa carrière chez Sopra Steria. Il a rejoint le groupe en 2002 comme directeur de projets grands comptes industriels, avant de prendre la tête de la Business Unit France Services & Utilities, puis d’accéder en 2015 à la direction générale France. Nommé Chief Operating Officer (COO) en 2020, il a ensuite pris la direction générale du groupe en 2022.

Sous sa conduite, Sopra Steria a présenté en décembre 2024 un plan stratégique à l’horizon 2028, visant à dépasser 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, grâce à une croissance organique annuelle de 2 % à 5 % après 2025, complétée par une expansion externe générant environ 1 milliard d’euros de revenus supplémentaires. Le programme mise sur un rééquilibrage géographique en Europe et une accélération dans les technologies de nouvelle génération, qui devraient représenter plus de 60 % de l’activité à terme. Il s’accompagne d’objectifs financiers ambitieux, avec une marge opérationnelle visée entre 10 % et 11 % et un retour sur capitaux employés avant impôt autour de 20 %.

Son profil d’ingénieur et son expérience de pilotage d’un groupe en transformation collent ainsi aux défis d’Alten. "Cette nomination va dans le bon sens", souligne le cabinet Oddo BHF, ajoutant que le choix d’un dirigeant extérieur "montre que le fondateur d’Alten est conscient du challenge auquel le groupe fait face, avec un besoin de s’industrialiser et d’augmenter sa présence offshore".

 

Une arrivée bien accueillie par le marché

 

Chez Sopra Steria, le communiqué publié est resté concis. Le conseil d’administration, présidé par Pierre Pasquier, a "pris acte" du départ de son directeur général, en saluant sa contribution au développement du groupe. Soucieux de rassurer après ce départ, le groupe a confirmé l’ensemble de ses objectifs financiers 2025.
La transition sera assurée par une équipe restreinte autour du directeur des opérations, le temps de désigner un successeur. Le cabinet Oddo BHF estime que ce départ "ne semble pas lié à un problème opérationnel", rappelant que la stratégie du groupe demeure inchangée et que son organisation reste solide.

Sopra Steria a connu quatre directeurs généraux en douze ans, ce qui peut s’expliquer, poursuit Oddo BHF, "par le manque de latitude offerte à ce poste sur le plan stratégique, la stratégie restant concentrée entre les mains du président, ce qui peut être frustrant". La question peut toutefois se poser de savoir si la situation sera bien différente chez Alten pour Cyril Malargé, le groupe inaugurant tout juste sa nouvelle forme de gouvernance.

En tout cas, la réaction du marché est venue souligner jeudi la valeur reconnue du dirigeant transféré : le titre Alten progressait de 1,5 % à 70,9 euros, tandis que Sopra Steria reculait de 3,8 % à 140,7 euros.

 

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