Macro-économie / Taux / eau
Macro-économie / Taux
eau
Quand l’eau se mêle de la croissance / Sa raréfaction diminuerait la croissance du PIB réel
Une abondance pour le moins bénéfique. La consommation d’eau semble être associée assez étroitement avec la production économique. Une donne loin d’être dénuée de conséquence alors même que le réchauffement climatique pourrait accroître le stress hydrique dans certaines parties du globe et voir l’accès à l’eau se réduire en conséquence. L’action humaine peut dans le même temps conduire à ce que cette ressource soit surexploitée, une perte qui serait regrettable à en croire la production d’un trio d’économistes – composés de membres de la Banque mondiale, de la Banque central du Chili et directeur de l'unité Innovation et économie numérique du département Monétaire et économique de la Banque des règlements internationaux (BRI), consacrée à l’économie de la rareté de l’eau.
Les calculs effectués par leurs soins et publiés sur le site de la BRI, il est avancé qu’une "augmentation d'un écart-type de la rareté de l'eau réduit la croissance de la production de 0,12 % à 0,16 % et celle des investissements fixes de 0,39 % à 0,42 %", et ce tout en augmentant l'inflation de 2,9 % à 3,5 % et ce en fonction de l'indicateur de rareté de l'eau utilisé. Autant de scénarii de plus en plus probables dans les années à venir à leurs yeux, tant ils se font l’écho de scénarios climatiques qui "mettent en évidence le risque de pénuries d'eau beaucoup plus graves à l'avenir, menaçant ainsi son utilisation durable ".
Perdants
Tout le monde ne sera cependant pas logé à la même enseigne avec des projections sur le stress hydrique en 2080 qui révèlent de vastes régions du globe qui connaîtraient des niveaux extrêmes de rareté de l'eau. Elles seraient situées en Amérique centrale et du Nord, en Europe du Sud, au Moyen-Orient ou encore en Inde et en Chine et certaines régions d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Océanie seraient également concernées. Un futur qui semble avoir de quoi concorder avec les fortes fluctuations de l'inflation alimentaire observées dans plusieurs pays des Amériques lors des récents chocs climatiques, comme cela a pu être le cas avec le phénomène El Niño.
La croissance serait amputée plus largement dans ceux consommant le plus largement de l’eau, dont fait notamment partie l'industrie automobile. Pour essayer de ne pas parvenir jusqu’à cette extrémité, les chercheurs recommandent que les effets de la disponibilité de l’eau sur l’économie soient mieux documentés dans les années à venir. La compréhension des canaux par lesquels se propagent et se manifestent les effets de la disponibilité de l’eau sur l’économie est clé à leurs yeux.
Imaginant une ébauche de politique publique à ce sujet, ils soumettent l’idée que les pouvoirs publics pourraient être contraint à "prendre en compte le ‘coût social de l'utilisation de l'eau’ parallèlement au coût social du carbone et ce afin de préserver les écosystèmes et d'encourager de meilleurs résultats économiques et écologiques ". Là aussi le champ des possibles est ouvert afin de lutter contre les effets de la raréfaction de l’eau sur la production économique. L'augmentation des investissements publics - qui représentent actuellement près de 98 % du financement du secteur de l'eau – est avancé tel l'un des moyens d'améliorer l'approvisionnement en eau et les services liés à l'eau. Les auteurs rapportent que pour 113 pays à faible revenu, il va falloir "presque tripler leurs investissements pour atteindre les objectifs de développement durable en matière d'accès à l'eau potable". Pourtant pour les économies avancées, les dépenses actuelles liées à l'eau ne devrait progresser que de 0,1 % supplémentaire du PIB, là où en Afrique subsaharienne "les dépenses publiques pour un assainissement sûr peuvent représenter 2,4 % du PIB annuel, avec un déficit de financement de 4,6 % du PIB nécessaire pour atteindre les objectifs de développement durable". De quoi dessiner une planète à deux vitesses sur la question.
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