Carmignac milite pour un produit d'épargne retraite européen
EXCLUSIF.
Un rapport du CEPS cofinancé par le financier parisien prône la création d'un produit européen. Car si l'épargne des ménages est abondante, elle est pour le moment peu investie dans des produits de long terme, faute d'offre et d'harmonisation.
Un fonds de pension européen ? Une belle idée pour canaliser l'abondante épargne des ménages du Vieux Continent, mais qui n'a jusqu'à présent jamais vu le jour faute de proposition harmonisée et simple. Les chercheurs du Center for European Policy Studies se sont pourtant chargés de trouver une solution qui permettrait de répondre au besoin grandissant des européens de placer leur épargne à long terme pour assurer une partie de leur retraite, via un produit qui serait transportable dans l'ensemble de pays.
Dans une étude en partie financée par Carmignac Gestion, les chercheurs font d'abord le constat suivant : les ménages détiennent la plus grande partie de l'épargne européenne, 23 000 milliards d'euros soit 43% des actifs totaux et plus de la moitié de celle-ci est investie auprès des banques, en dépôts peu rémunérateurs mais très liquides. Ils ont donc pour l'instant peu de véhicules pour investir à long terme. Sachant que " les solutions nationales sont pour le moment coûteuses et peu performantes " explique Karel Lannoo, directeur du CEPS.
Ainsi entre 2007 et 2011, les fonds de pension ou régimes d'assurance longue durée danois et allemands sont les seuls à avoir fourni un rendement positif. En moyenne, les solutions européennes ont connu un rendement de -1,11% sur la période. Et les coûts d'exploitation sont également élevés et très variables d'un pays à l'autre (1,3% de fees en Espagne contre 0,1% au Danemark). Enfin, le marché européen n'a pas la taille critique pour le moment, ce qui augmente encore les coûts de gestion : selon les chercheurs, les SICAV européennes représentent en moyenne 150 millions d'euros d'encours contre 1,5 milliard de dollars pour les mutual funds américains.
Les chercheurs proposent donc des pistes de réflexion pour mettre en place des solutions de pensions paneuropéennes : il est tout d'abord essentiel, selon eux, de recentrer le débat bruxellois concernant l'investissement à long-terme sur la protection et les besoins des ménages. Un deuxième axe serait d'harmoniser le marché afin de faciliter l'accès à des produits d'investissement à long terme. Les chercheurs préconisent surtout de créer un produit européen " portable ", c'est-à-dire qui permettrait à un épargnant qui a cotisé pour sa retraite dans différents pays de collecter plus facilement sa retraite. Dernier pilier à développer selon le CEPS, l'investissement dans des produits illiquides et des projets d'infrastructure.
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