Fusions, Acquisitions
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Netflix est prêt à changer (encore) d’échelle avec l’acquisition de Warner Bros / Et promet de maintenir ses opérations telles quelles
Une entreprise de moins de trente ans, passée de locataire de DVD à un géant du streaming, qui s’offre un monument des studios de production cinématographique et de télévision hollywoodien. Le tout pour une opération se chiffrant à 82,7 milliards de dollars (ou 72 milliards de dollars hors dette), ce qui en fait la plus grande transaction de consolidation dans le secteur du divertissement, depuis le rachat par Disney de Fox en 2019, pour 71 milliards de dollars : en officialisant vendredi avoir conclu un accord définitif avec Warner Bros Discovery afin d’acquérir Warner Bros, Netflix a frappé un grand coup.
L'accord inclut les studios du groupe centenaire, ainsi que la chaîne HBO et la plateforme de streaming HBO Max. L’opération sera essentiellement réglée en cash, et en partie en actions Netflix, au prix de 27,75 dollars par titre Warner Bros Discovery. Elle sera réalisée après la scission prévue de la division de réseaux de télévision du groupe (dont fait notamment partie CNN), Discovery Global, attendue pour le troisième trimestre de 2026.
Un catalogue de renom
"Notre mission a toujours été de divertir", a commenté Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, dont l’offre a devancé, selon les médias américains, celle de Paramount et Comcast. "En combinant l’incroyable bibliothèque de séries et de films de Warner Bros - des classiques intemporels comme Casablanca et Citizen Kane aux favoris modernes comme Harry Potter et Friends - avec nos titres qui définissent la culture tels que Stranger Things, KPop Demon Hunters et Squid Game, nous serons en mesure de le faire encore mieux", a-t-il poursuivi. Selon Netflix, cette combinaison relève tout d’abord de la complémentarité, puisque Warner Bros est un leader de la production de contenus, tandis que HBO et HBO Max permettront de proposer une plus large palette d’offres aux abonnés.
Netflix entend également maintenir les opérations de Warner Bros telles quelles, assure le groupe, et donc poursuivre la distribution de films en salle – voire de produire des séries télévisées destinées à être cédées sous licence à des tiers, rapporte la presse américaine. Deux axes qui marqueraient ainsi des changements majeurs dans la stratégie du groupe.
La firme souligne en tout cas que cette opération permettra à ses capacités de studios de monter en puissance, afin d’étendre les productions américaines et d’investir encore plus massivement dans ses contenus originaux. Un terrain sur lequel Netflix n’a jamais caché vouloir accélérer, puisque ces contenus rencontrent des succès notables auprès de ses abonnés (et pouvant par la suite générer des revenus supplémentaires, grâce à des partenariats de licence pour des produits dérivés).
Obtenir d’autres feux verts
La transaction sera créatrice de valeur pour les actionnaires, assure Netflix, grâce à la traction que produira la nouvelle sélection de contenus sur les membres (existants et nouveaux) de la plateforme. De quoi, estime le groupe, augmenter le chiffre d’affaires et les bénéfices opérationnels. La firme prévoit aussi qu’elle lui permettra de générer 2 à 3 milliards de dollars d’économies annuelles, à compter de la troisième année suivant l’acquisition.
Approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux compagnies, l’opération devra désormais obtenir les autorisations réglementaires nécessaires, notamment du côté des autorités de concurrence, ce qui ne s’annonce pas nécessairement comme une partie gagnée d’avance au regard de l’envergure qu’elle offrirait à la firme au logo rouge sur le marché des contenus. Selon le Financial Times, Netflix aurait en tout cas promis un chèque de 5,8 milliards de dollars d’indemnités, si la transaction venait à se trouver dans l’impasse. Netflix espère pouvoir la finaliser d’ici 12 à 18 mois.
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