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Airbus ajuste ses cadences mais pas ses résultats / Un aléa qualité aux effets contenus

Comme en 2024, Airbus n’atteindra pas son objectif de livraisons, la faute à un défaut qualité sur des panneaux de fuselage de la famille A320. Mais le groupe maintient sa trajectoire financière, porté par une chaîne industrielle plus robuste et un levier opérationnel meilleur qu’attendu.
Un A320 sur le tarmac du Bourget, quinze livraisons en moins prévues pour 2025 - Photo by Thierry GRUN / Only France via AFP
Un A320 sur le tarmac du Bourget, quinze livraisons en moins prévues pour 2025 - Photo by Thierry GRUN / Only France via AFP

La séquence avait crispé les marchés financiers lundi. À peine Airbus venait-il de clore une campagne de rappel logicielle d’une ampleur inhabituelle sur des A320 qu’un second sujet avait surgi, portant cette fois sur des panneaux de fuselage non conformes, et était venu raviver les interrogations sur la montée en cadence de la production, un sujet récurrent pour le groupe.

Des interrogations qui se sont rapidement traduites dans les chiffres, Airbus ramenant mercredi son objectif de livraisons 2025 d’environ 820 à 790 appareils. Comme en 2024, le groupe manquera donc l’objectif qu’il s’était fixé ; pour mémoire, la cible avait été révisée de 800 à 770 appareils l’an dernier, et Airbus avait finalement livré 766 unités malgré un important effort de fin d’année.

 

Un défaut circonscrit

 

Pour autant, la portée industrielle de cet épisode est largement relativisée, y compris en Bourse où l’action Airbus gagnait plus de 3 % mercredi, à 196 euros. "La source du défaut ayant été trouvée et le panneau étant produit en double source, la phase de montée en cadence n’est clairement structurellement pas altérée", observent les analystes d’Oddo BHF. "La grande majorité des appareils inspectés ne demanderont pas de rework, ce qui devrait permettre une livraison rapide dès le début de l’année prochaine", ajoute l’intermédiaire financier.

Cette appréciation s’appuie sur les inspections menées sur plus de 600 A320, qui ont révélé des panneaux métalliques dont l’épaisseur s’écarte des spécifications, certains étant trop minces et d’autres trop épais. Ces éléments, situés sur la partie avant du fuselage de part et d’autre de la porte avant principale, proviennent du sous-traitant espagnol Sofitec Aero. D’après des informations de Bloomberg, la plupart des appareils potentiellement concernés n’avaient pas encore été livrés et, pour ceux déjà sortis de chaîne, seuls les avions dotés de panneaux jugés trop minces devront faire l’objet d’une intervention.

Il ne faudrait toutefois pas voir dans ce défaut isolé la remise en cause des progrès réalisés sur une supply chain encore perfectible mais sensiblement plus robuste qu’il y a un an. Les motoristes, longtemps responsables de retards en cascade, affichent eux aussi des signes tangibles d’amélioration. CFM et Pratt & Whitney accélèrent leurs livraisons en cette fin d’année, ce qui avait permis à Airbus de viser initialement 820 appareils malgré l’existence d’une soixantaine de "planeurs" en attente de moteurs plus tôt dans l’exercice.

 

Une trajectoire financière préservée

 

Fait important, cet ajustement de la cible de livraisons ne s’accompagne d’aucune révision des objectifs financiers. Airbus confirme viser un résultat opérationnel ajusté d’environ sept milliards d’euros et un flux de trésorerie avant financements clients proche de 4,5 milliards. La preuve que "la marge de manœuvre était certainement plus forte que ce que la société avait laissé transparaître", en déduit également Oddo BHF, en partie grâce au ralentissement des recrutements et à une moindre accélération de la R&D.

Au-delà de ces facteurs, la solidité des prévisions pour l’année s’appuie aussi sur la qualité du levier opérationnel observé ces derniers mois. Le "drop through" du troisième trimestre - c’est-à-dire la capacité à convertir des volumes additionnels en résultat - s’était révélé meilleur qu’anticipé, traduisant une efficacité accrue de la chaîne industrielle. De quoi également absorber une partie de l’impact des quinze appareils manquants.

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