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Publications, Résultats / Schneider Electric / Hilary Maxson

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Schneider Electric / Hilary Maxson

Schneider Electric temporise face aux effets de change et aux tarifs américains / Des objectifs 2025 resserrés, mais une trajectoire inchangée

Schneider Electric a publié un troisième trimestre solide, porté par la vigueur d’Energy Management et le retour en croissance de l’automatisation industrielle. Mais le marché a réagi à la prudence du management, le groupe visant désormais le bas de sa fourchette d’objectifs 2025.
Hilary Maxson, directrice financière de Schneider Electric, a souligné la solidité du trimestre malgré un contexte plus incertain
Hilary Maxson, directrice financière de Schneider Electric, a souligné la solidité du trimestre malgré un contexte plus incertain

La déception était manifeste en Bourse jeudi, où l’action Schneider Electric cédait 4,4 % à 246,15 euros dans l’après-midi. Le spécialiste français de la gestion de l’énergie et de l’automatisation industrielle, présent dans plus de cent pays, a pourtant publié un troisième trimestre solide. Mais le marché a retenu avant tout le resserrement de la prévision annuelle vers le bas de la fourchette. Le groupe table désormais sur une croissance organique de ses ventes comprise entre 7 et 10 %, et sur une marge d’EBITA ajusté de 18,7 à 19 %, contre un objectif précédemment présenté comme plus ouvert sur le haut de la plage. "Nous confirmons nos objectifs 2025, mais nous attendons désormais d’être dans la moitié inférieure des fourchettes, en raison d’effets de change et de la persistance des droits de douane américains", a précisé la directrice financière Hilary Maxson, s’exprimant lors de la conférence avec les analystes.

Les analystes se montraient toutefois plus nuancés que le marché. Si, pour Oddo BHF, l’ajustement paraît "davantage technique que fondamental", UBS rappelle de son côté que "le consensus se situait déjà sur la moitié basse de la guidance". Presque un non-événement donc à leurs yeux. AlphaValue estime pour sa part qu’un objectif ramené vers le bas de la fourchette "ne constitue pas une mauvaise nouvelle", la maison ayant déjà intégré cette hypothèse dans ses prévisions. Aucun des trois courtiers ne jugeait nécessaire de revoir ses estimations de résultats pour 2025.

 

L’automatisation industrielle enclenche enfin sa reprise

 

Le fait est que les chiffres publiés témoignent d’un trimestre solide, supérieur aux attentes. Le chiffre d’affaires atteint 9,7 milliards d’euros, en hausse organique de 9 %, contre 8,4 % anticipé par le consensus. La croissance est portée avant tout par Energy Management, de loin la première activité du groupe, en hausse de 10 % grâce à la vigueur des marchés des centres de données et des infrastructures électriques. Mais la véritable inflexion se joue ailleurs : longtemps pénalisée par la faiblesse du secteur manufacturier, l’activité Industrial Automation renoue avec la croissance (+ 6 %). "Nous voyons enfin la reprise du marché discret que nous anticipions depuis deux trimestres se refléter dans les ventes", a souligné Hilary Maxson.

Cette amélioration du pôle Automation se lit clairement dans la ventilation géographique. En Amérique du Nord, les ventes restent légèrement négatives, du fait d’une faible exposition et de décalages de projets dans le “process” et l’“hybrid”, ces automatismes liés aux procédés industriels continus ou mixtes, encore affectés par les tarifs douaniers. En Europe de l’Ouest, la croissance atteint 6 %, portée par le redressement du “discret”, autrement dit les automatismes pour les industries manufacturières et la production en série. L’Asie-Pacifique gagne 11 %, avec une Chine en haut de fourchette sur le discret et une Inde en double chiffre. Le Moyen-Orient contribue aussi fortement, soutenu par de grands projets industriels.

 

Data centers : la demande ne faiblit pas

 

Le pôle Energy Management (près de 8 milliards d’euros de revenus trimestriels) affiche quant à lui une progression homogène sur l’ensemble des régions : + 17 % en Amérique du Nord, où les data centers et le non-résidentiel compensent la faiblesse du résidentiel ; + 5 % en Europe de l’Ouest, avec des performances notables en Espagne et en France ; et + 5 % en Asie-Pacifique, où la Chine bénéficie du boom des infrastructures numériques. "Le pipeline de projets dans les data centers reste extrêmement solide, en particulier en Amérique du Nord et en Chine, grâce à la demande des hyperscalers et des nouveaux acteurs de l’intelligence artificielle", a-t-elle relevé.

Avant de détailler ces chiffres, la directrice financière avait dressé un panorama de la demande sur les marchés finaux. Les bâtiments non résidentiels demeurent bien orientés, notamment les segments techniques comme le commerce ou l’hôtellerie. Le résidentiel montre un léger mieux globalement, mais les États-Unis et la Chine restent faibles. Les infrastructures continuent d’offrir un bon niveau d’activité, portées par les programmes d’électrification et de modernisation des réseaux. Les data centers, enfin, conservent une dynamique exceptionnelle, alimentée par la vague d’investissements liés à l’intelligence artificielle.

 

Une prudence assumée

 

L’environnement n’en reste pas moins incertain. Hilary Maxson a rappelé que la remontée des prix aux États-Unis ne suffirait pas à compenser intégralement, dès cette année, l’impact des droits de douane. "La compensation de l’inflation et des tarifs se fera sur plusieurs trimestres, pas en une seule année", a-t-elle précisé, indiquant que le rétablissement complet des marges interviendra au-delà de 2025.

Ce contexte ne dévie pas le groupe de sa trajectoire, celle de continuer à capitaliser sur des tendances structurelles durables. "Nous avons dévoilé notre nouvelle vision d’être le partenaire en technologies de l’énergie, en électrifiant, automatisant et digitalisant chaque industrie, entreprise et foyer", a rappelé Hilary Maxson. Cette orientation, qui prolonge la trajectoire historique du groupe, sera au cœur du Capital Markets Day du 11 décembre à Londres, où Schneider détaillera sa stratégie d’“energy technology partner” et les leviers de croissance associés.

 

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