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L’activité d’Ipsos dans les affaires publiques pâtit d’aléas extérieurs / La croissance organique et la Tech érigées en priorités par son nouveau directeur général

Le champion des études de marché a révisé son objectif de croissance organique pour 2025, l’actualisant à un niveau équivalent à celui enregistré depuis le début de l’année. Il faut dire que l’instabilité politique et les contraintes budgétaires des gouvernements pèsent logiquement sur son activité d’affaires publiques. S’il faudra finalement attendre le mois de janvier pour connaître la nouvelle stratégie d’Ipsos à l’horizon 2030, son nouveau directeur général, Jean-Laurent Poitou, a d’ores et déjà annoncé plusieurs de ses priorités.
 Crédits : Ipsos
Crédits : Ipsos

Ipsos est sanctionné ce jeudi à la Bourse de Paris, après la publication de ses résultats trimestriels. Le champion des études de marché recule toujours d’environ 6 % cet après-midi, en raison d’une révision à la baisse de son objectif annuel de chiffre de croissance organique. Il prévoit désormais qu’elle se situera autour de 0,7 %. Le groupe anticipait auparavant qu’elle serait supérieure à celle de 2024 (soit 1,3 %). En cause : les contraintes budgétaires des États et l’instabilité politique dans de nombreux pays, qui pèsent sur les dépenses gouvernementales. Ceci se répercutant logiquement dans les prises de commandes que peut enregistrer le groupe sur son segment d’affaires publiques. La prévision d’une marge opérationnelle autour de 13 % a néanmoins été confirmée.

Cette nouvelle prévision s’aligne sur la croissance organique que le groupe, désormais dirigé par Jean-Laurent Poitou, a enregistré depuis le début de l’année : de janvier à septembre, son chiffre d’affaires a atteint 1,8 milliard d’euros. La croissance totale s’établit ainsi à 3,6 %, dont 0,7 % en organique, 4,9 % d’effets de périmètre et une charge de 2 % liée aux effets de changes. Mais effectivement, les affaires publiques y ont mis leur grain de sable. En dehors de leur effet, la croissance organique aurait atteint 2,3 % sur les neuf premiers mois de l’année et 4,2 % sur le seul troisième trimestre.

 

La France et les États-Unis en exemple

 

Une tendance qui se décline dans plusieurs géographies. Par exemple, au sein de la zone EMEA, la croissance organique a été satisfaisante en Europe continentale et au Moyen-Orient depuis le début de l’année, indique Ipsos. Mais elle a été en partie pénalisée par la France, où le recul d’environ 4 % de l’activité tient essentiellement au climat politique, qui a fortement pesé sur l’activité d’affaires publiques. Avec les clients du secteur privé, la croissance organique dans l’Hexagone ressort légèrement positive. De même aux États-Unis : hors affaires publiques, l’activité s’est redressée, avec une croissance organique d’environ 3 % sur les neuf premiers mois de l’année. Ceci étant dit, le contexte politique reste pesant pour ses activités d’affaires publiques, en recul de 15 % depuis le début de l’année.

Ipsos dispose néanmoins de certaines marges de manœuvre pour que les affaires publiques restent un vecteur de croissance. Et ne compte pas rester les bras croisés en attendant que la tendance s’inverse. Des avancées significatives ont été réalisées au cours des derniers mois, dans l’élaboration de la feuille de route du groupe pour les prochaines années, indique-t-il. En accord entre le conseil d’administration et le directeur général, la présentation de la nouvelle stratégie "Horizon 2030" a été repoussée du 19 novembre prochain, au 22 janvier 2026. Mais Jean-Laurent Poitou, qui a succédé à Ben Page à la mi-septembre, a profité de la présentation de cette publication pour énoncer quelles seront ses grandes priorités. "Premièrement, bien que notre croissance ait été régulière, la composante organique de cette dernière doit s’accélérer, c’est absolument essentiel. Deuxièmement, je suis convaincu qu’en tant que société de services professionnels technologiques, nous devons, à ce moment charnière où la technologie, les solutions digitales et l’IA transforment le fonctionnement de nombreux secteurs, nous engager davantage dans cette voie", a-t-il indiqué. "Nous disposons de bases très solides et nous devons accélérer. La rapidité est la principale exigence de nos clients, et la rigueur scientifique est un ingrédient indispensable, sans lequel nos clients ne feront pas confiance aux informations que nous leur fournissons", a assuré Jean-Laurent Poitou.

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