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Morgan Stanley signe un record historique à Wall Street / La firme illustre la solidité de son modèle intégré

Morgan Stanley a convaincu les marchés avec un troisième trimestre solide sur toute la ligne. Croissance des revenus, discipline d’exécution et équilibre entre métiers de marchés et gestion d’actifs confirment la trajectoire imprimée par Ted Pick.
Portée par un troisième trimestre record, l’action Morgan Stanley a signé un sommet inédit à Wall Street - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Portée par un troisième trimestre record, l’action Morgan Stanley a signé un sommet inédit à Wall Street - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Sommet absolu à Wall Street. L’action Morgan Stanley a signé mercredi un nouveau pic, grâce à une hausse de 4,7 % à 162,70 dollars, après avoir touché 166,59 dollars en séance, sa plus forte progression depuis le 9 avril dernier. Un fait d’armes que la banque dirigée depuis 2024 par Ted Pick doit en premier lieu à la réaction des investisseurs à la performance affichée au troisième trimestre par son métier le plus emblématique, la banque d’investissement.

La publication valide la cohérence du modèle bâti depuis plus d’une décennie : un équilibre entre métiers de marchés, conseil et gestion d’actifs. Morgan Stanley a dégagé un bénéfice par action de 2,80 dollar, bien supérieur aux attentes du marché, pour des revenus de 18,2 milliards de dollars, en hausse de 18 %. La rentabilité des fonds propres tangibles s’est hissée à 23,5 %, "traduisant l’effet de levier opérationnel de l’entreprise intégrée", a souligné Ted Pick lors de la conférence avec les analystes. Tous les métiers ont contribué à la performance, mais les marchés et le conseil en opérations ont été sans conteste les principaux moteurs de cette accélération.

 

Le moteur d’investissement relancé

 

L’activité de banque d’investissement s’est replacée au centre du jeu. Les revenus ont atteint 2,1 milliards de dollars, l’un des plus hauts niveaux depuis plusieurs années, portés par une hausse de plus de 50 % des émissions et une progression de 80 % des introductions en Bourse. "Notre activité actions a confirmé sa position de numéro un avec un trimestre remarquable. Le rebond de l’environnement de banque d’investissement a rouvert la porte aux opérations stratégiques de M & A et à un regain d’activité de financement", a commenté le directeur général.

Le patron de Morgan Stanley s’est félicité d’un équilibre retrouvé entre produits et régions, soulignant que "les résultats en equity underwriting se sont placés en tête du secteur ce trimestre", illustration selon lui "de la puissance de notre banque d’investissement intégrée". Il a rappelé que cette performance "reflète les efforts constants consacrés au renforcement du cœur de la franchise", dont les fruits se mesurent aussi bien "dans les chiffres d’underwriting que dans un conseil qui continue de progresser". Sans céder à l’euphorie, Ted Pick a tenu à nuancer : "Savoir si nous entrons dans un âge d’or de la banque d’investissement reste à voir. Mais après des années d’attente, le volant d’activité se met réellement en mouvement."

La franchise en actions s’est également distinguée, avec 4,1 milliards de dollars de revenus, soutenus par la prime brokerage et la vigueur des dérivés. Les revenus de la division taux, crédit et change sont restés stables à 2,2 milliards, reflet d’une moindre volatilité sur les devises, compensée par la solidité des produits titrisés et des matières premières. Autant d’éléments qui traduisent une discipline d’exécution plutôt qu’un simple effet de cycle.

 

Wealth et asset management : la force tranquille

 

Le deuxième pilier du modèle, la gestion de patrimoine, poursuit sa trajectoire solide. Déjà très bien orientée au premier semestre, l’activité a confirmé sa progression en croissance d’actifs, en rentabilité et en collecte nette. Les revenus ont atteint 8,2 milliards de dollars, pour une marge avant impôt de 30,3 %, portée par 81 milliards d’actifs nets nouveaux et plus de 40 milliards de flux sous mandat. Ted Pick revendique un modèle désormais capable de convertir, à grande échelle, les actifs issus des canaux “workplace” et E-Trade vers les équipes de conseil. Derrière la notion de “funnel” chère au management, c’est une mécanique de fidélisation qui s’est industrialisée, avec des outils numériques favorisant le passage du client autonome au client accompagné.

La gestion d’actifs, elle, consolide le socle de récurrence. Les revenus ont progressé de 13 % sur un an à 1,7 milliard de dollars, portés par la croissance continue de Parametric, spécialiste de la gestion fiscalement optimisée, et la demande soutenue pour les solutions de taux. Les encours totaux atteignent désormais 1 800 milliards de dollars, confirmant la solidité du flux de collecte et l’élargissement du spectre de produits.

En conjuguant la puissance des marchés et la stabilité des revenus récurrents, Morgan Stanley illustre l’efficacité du modèle intégré pensé sous James Gorman et désormais défendu par Ted Pick.

 

Des marges de manœuvre confortables sur le front prudentiel

 

Reste la question du capital. Les analystes ont interrogé Ted Pick sur la position prudentielle de la banque et sur le cadre CCAR (Comprehensive Capital Analysis and Review), le test annuel de résistance de la Réserve fédérale, qui évalue la robustesse des bilans et autorise les distributions de capital. Sur ce terrain, Morgan Stanley conserve des marges de manœuvre confortables, avec un ratio CET1 standardisé de 15,2 % et un coussin excédentaire de plus de 300 points de base. "S’agissant du cadre prudentiel bancaire, les régulateurs évoluent vers une approche plus équilibrée, exerçant leurs responsabilités de surveillance et rétablissant davantage l’équité concurrentielle, afin que les plus grandes institutions financières, les mieux capitalisées, puissent de nouveau jouer un rôle de moteur d’une croissance économique durable", a indiqué le dirigeant. Et d’ajouter : "Morgan Stanley salue tout particulièrement la récente réévaluation par la Fed de nos résultats CCAR, et nous nous réjouissons de poursuivre un dialogue transparent."

 

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