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Nexans se sépare de Christopher Guérin, à la surprise du marché / Le groupe confie sa direction générale à Julien Hueber

Surprise à la tête de Nexans : Christopher Guérin quitte la direction générale, sept ans après avoir profondément transformé le groupe. Le conseil d’administration confie les rênes à Julien Hueber, figure interne, pour conjuguer continuité stratégique et nouveau souffle.
Julien Hueber (à droite) succède à Christopher Guérin
Julien Hueber (à droite) succède à Christopher Guérin

La nouvelle a pris les marchés de court. Lundi matin, Nexans a annoncé le départ immédiat de Christopher Guérin, son directeur général depuis 2018, remplacé sur-le-champ par Julien Hueber, jusqu’ici directeur exécutif de la division PWR Grid & Connect Europe. Une décision accueillie avec stupeur par les investisseurs : l’action a perdu jusqu’à 11 % en milieu de matinée, et cédait encore près de 8 % vers 11 heures, à 112,7 euros.

Si la brutalité apparente du changement nourrit les interrogations, le communiqué du groupe apporte un éclairage. Nexans précise que "le Comité des Nominations et du Gouvernement d’Entreprise a mené un processus complet pour proposer un successeur au poste de directeur général, conformément à l’approche du plan de succession qu’il avait défini, avec l’aide d’un cabinet de recrutement de premier plan". L’entreprise laisse ainsi entendre qu’il ne s’agit pas d’une décision précipitée, mais de l’aboutissement d’un processus formel engagé de longue date.

 

Le choix d’un dirigeant interne pour incarner la nouvelle dynamique

 

Le conseil d’administration explique vouloir "créer une nouvelle dynamique afin d’optimiser davantage les performances", une formulation qui pourrait laisser entendre, en creux, que la trajectoire actuelle ne donnait peut-être pas entière satisfaction, malgré la solidité des résultats et de la feuille de route stratégique. Cette volonté d’équilibre entre continuité et nouveau souffle se reflète dans le profil du successeur.

À 55 ans, Julien Hueber est un pur produit de la maison, qu’il a rejointe en 2002. Membre du comité exécutif depuis 2018, il dirigeait jusqu’à présent une activité stratégique de 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, regroupant 23 sites industriels en Europe. Son parcours témoigne d’une connaissance fine du groupe et de ses métiers : spécialiste de la chaîne d’approvisionnement et des achats, il a passé plusieurs années en Asie, notamment en Chine et en Corée, avant de piloter au niveau mondial la branche Industry Solutions & Projects.

Le président du conseil, Jean Mouton, a tenu à souligner "le leadership exceptionnel et la compréhension approfondie" de Julien Hueber des activités du groupe, saluant "une vision stratégique des technologies d’avenir" et "une solide expérience en matière d’excellence opérationnelle". Autant d’atouts censés permettre à Nexans d’entrer dans une "nouvelle phase d’accélération ciblée", fidèle aux objectifs exposés lors du Capital Markets Day.

 

Guérin laisse un groupe en ordre de marche vers 2028

 

C’est précisément cette feuille de route que Christopher Guérin a mise sur les rails il y a un an. Présentée à Londres, elle constitue le troisième volet d’une transformation engagée dès 2018, articulée autour d’une vision claire : faire de Nexans un pure player de l’électrification. Après avoir assaini la rentabilité des activités existantes, le dirigeant a recentré le groupe sur des segments à plus forte valeur ajoutée, cédant progressivement les métiers périphériques pour bâtir un modèle fondé sur la valeur plutôt que sur le volume.

La phase engagée fin 2024 est celle de l’amplification : accélérer dans les solutions énergétiques intégrées et renforcer la part d’innovation, notamment grâce à l’intelligence artificielle. Nexans vise un Ebitda ajusté de 1,15 milliard d’euros à l’horizon 2028 et prévoit d’allouer 2 milliards d’euros à des acquisitions ciblées, tout en maintenant un ratio d’endettement inférieur à une fois l’Ebitda. Ce plan stratégique, soutenu par une croissance organique de 3 % à 5 % sur le périmètre électrification, avait d’ailleurs séduit les investisseurs : l’action avait gagné un peu plus de 30 % en 2024 et progressait encore de plus de 20 % depuis le début de 2025 avant l’annonce du départ de Christopher Guérin.

 

Le troisième trimestre ne devrait pas décevoir

 

Le départ de ce dernier n’en paraît que plus déroutant pour le marché. Celui qui avait su restaurer la confiance des équipes et transformer Nexans en leader de l’électrification durable peut quitter le groupe avec le sentiment du devoir accompli. Le conseil d’administration lui a d’ailleurs rendu un hommage appuyé, saluant "une contribution exceptionnelle" et "une empreinte durable" laissée sur la culture de l’entreprise.

La prochaine publication s’annonce d’ailleurs favorablement. Les derniers échanges entre la direction et les analystes, rapportés par Oddo BHF, évoquent un troisième trimestre solide, dans la continuité d’un premier semestre jugé " de qualité". Le bureau d’analyse dit avoir trouvé une direction "confiante et sereine " sur la publication à venir et sur la confirmation des objectifs annuels relevés fin juillet.

 

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