WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Casino / Assai / GPA

Entreprises / Actions
Casino / Assai / GPA

Casino face aux attaques de son ancienne pépite brésilienne / Assaí sur le point d'ouvrir un front judiciaire

En pleine reconstruction sur le marché français, Casino voit ressurgir ses vieux dossiers brésiliens. Assaí, l’ancienne filiale de cash & carry devenue indépendante, attaque pour bloquer la cession des actions GPA et obtenir des garanties contre d’anciens passifs fiscaux.
Assaí, l’ancienne filiale brésilienne de Casino, cherche à bloquer ses derniers actifs dans GPA
Assaí, l’ancienne filiale brésilienne de Casino, cherche à bloquer ses derniers actifs dans GPA

Tandis que Casino s’efforce de démontrer les premiers effets positifs de sa restructuration en France, son passé latino-américain vient frapper à sa porte. Vendredi soir, le distributeur stéphanois a dû réagir publiquement à une offensive judiciaire inattendue d’Assaí (Sendas Distribuidora S.A.), sa grande ex-filiale brésilienne spécialisée dans le cash & carry. Celle-ci a confirmé, deux jours plus tôt, avoir saisi la justice pour obtenir des mesures conservatoires contre Casino et sa maison-mère locale GPA (Companhia Brasileira de Distribuição), prélude à une procédure d’arbitrage.

Au cœur de la demande figure l’indisponibilité des actions de GPA encore détenues par Casino. Autrement dit, Assaí veut empêcher l’ex-maison mère française de céder ou de mobiliser ses derniers titres brésiliens tant qu’un litige n’aura pas été tranché. À défaut de blocage pur et simple, elle réclame que toute vente soit assortie d’un dépôt judiciaire du produit ou de garanties financières équivalentes. Assaí exige par ailleurs que GPA fournisse ses propres garanties, afin de protéger le distributeur de gros contre d’éventuelles dettes fiscales héritées de l’époque où il dépendait encore du groupe.

 

Un héritage contractuel devenu point de friction

 

Pour comprendre l’origine de ce bras de fer, il faut revenir sur la lente désagrégation de l’empire sud-américain de Casino. Longtemps pilier de l’expansion internationale de Jean-Charles Naouri, GPA a vu son périmètre se transformer au fil des ans. En 2021, une scission a séparé Assaí, positionnée sur le format en plein essor des entrepôts discount, de l’activité d’hypermarchés et de supermarchés restée dans GPA. Assaí est alors devenue une société cotée autonome à São Paulo, tandis que Casino en restait actionnaire via GPA et directement. Mais l’endettement asphyxiant du distributeur français l’a poussé, dès 2022, à céder progressivement l’intégralité de ses parts dans la pépite brésilienne, engrangeant près de 5 milliards d’euros au fil de placements boursiers successifs.

Ces transactions, organisées avec GPA et parfois des investisseurs minoritaires, se sont accompagnées d’une série d’engagements contractuels encadrant la séparation. C’est précisément sur ce terrain qu’Assaí estime aujourd’hui que Casino et GPA ont manqué à leurs obligations. Dans son communiqué officiel daté du 24 septembre, le distributeur de gros explique que les autorités fiscales brésiliennes cherchent à le rendre solidairement responsable de passifs de GPA antérieurs à la scission, notamment un litige estimé à 36 millions de reais (environ 6 millions d’euros). Or, selon les termes mêmes de la scission et la loi brésilienne sur les sociétés, chaque entité devait rester seule responsable de ses dettes passées. Assaí veut donc se prémunir de toute mauvaise surprise en bloquant ou sécurisant les actifs de Casino et en contraignant GPA à apporter des garanties.

 

La sortie du Brésil sous la contrainte judiciaire

 

Pour Casino, l’affaire tombe à un moment inopportun. Engagé dans un redressement complexe sous la houlette de ses nouveaux actionnaires, le distributeur n’a plus guère d’actifs liquides à l’étranger. Sa participation résiduelle dans GPA, dont la capitalisation boursière a fondu sous le milliard d’euros, constitue l’un de ses derniers leviers financiers. Un gel judiciaire de ces titres limiterait d’autant sa flexibilité et retarderait la sortie définitive du Brésil, objectif affiché de longue date.

Dans son bref communiqué publié vendredi, Casino assure n’avoir pas été notifié formellement de la procédure et dit ignorer le détail des mesures réclamées par Assaí. Mais le groupe prévient qu’il prendra "toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts". Le dossier, désormais sous secret de justice, s’ouvre dans un climat déjà tendu pour GPA, dont les hypermarchés peinent à enrayer leur déclin et dont la valorisation a chuté.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article