Entreprises / Actions / Casino / Quatrim
Entreprises / Actions
Casino / Quatrim
Casino gagne du temps sur Quatrim / L'échéance obligataire repoussée à 2029
Casino s'est acheté un an de répit sur Quatrim. Le distributeur a annoncé en début de semaine un accord de principe avec un groupe de porteurs représentant environ 35 % des obligations émises par cette filiale. L'accord repousse leur échéance de janvier 2028 à janvier 2029.
Quatrim concentre une partie du patrimoine immobilier de Casino et la dette obligataire qui lui est adossée. Le principe est simple : les actifs sont progressivement cédés et le produit des ventes sert à rembourser les porteurs. Une partie de ces produits a toutefois été prêtée à Monoprix, qui garantit également cette dette : toutes les sommes encaissées au fil des cessions ne restent donc pas nécessairement disponibles en trésorerie chez Quatrim.
L’avance des cessions ne suffit pas
Sur le front des ventes, le groupe a pourtant pris une nette avance. À fin juin, 439 millions d'euros de cessions avaient déjà été réalisés, contre 324 millions prévus à cette date, soit environ 93 % de l'ensemble du programme attendu jusqu'à fin 2028. Une avance qui ne garantit cependant pas que la dette sera soldée dans les temps. À cette même date, Quatrim devait encore 109 millions d'euros de principal et ne disposait que de 40 millions de trésorerie. Surtout, Quatrim a déjà réalisé l’essentiel de son programme de cessions immobilières : Casino ne projette plus que 54 millions de cessions en 2026, 46 millions en 2027 puis 8 millions en 2028. Selon cette trajectoire, 27 millions de principal resteraient encore dus fin 2027. Le report à janvier 2029 vise donc à laisser à Quatrim le temps d'achever ces dernières cessions et de récupérer les ressources nécessaires, notamment via le prêt Monoprix.
Un an de plus sous conditions
Ce délai a un prix. Si le taux d'intérêt des obligations reste inchangé à 8,5 %, avec son mécanisme d'ajustement en fonction du niveau des cessions, les porteurs obtiennent pour accepter le report d'un an une première rémunération supplémentaire équivalente à 0,5 % du principal restant dû après le remboursement initial de 10 millions d'euros. Elle sera ajoutée à la dette dès la réalisation de la restructuration.
Une seconde rémunération dépendra, elle, du montant encore dû à l'ancienne échéance. Si une partie des obligations reste à rembourser le 15 janvier 2028, 3,5 % de ce reliquat seront ajoutés à la dette et payables un an plus tard. Plus Quatrim aura remboursé d'ici là, moins cette commission coûtera cher. Les porteurs obtiennent également un remboursement immédiat de 10 millions d'euros, financé par un remboursement anticipé d'une partie du prêt de Quatrim à Monoprix. La garantie apportée par Monoprix est réduite du même montant et, comme la dette, prolongée jusqu'en 2029.
Casino obtient en contrepartie un assouplissement du dispositif de garanties. Ségisor, une autre société du groupe qui garantissait une partie de la dette, sera libérée de cet engagement. Le seuil de trésorerie minimum imposé à Quatrim tombe parallèlement de 40 à 15 millions d'euros, soit 25 millions de liquidité de moins à conserver dans la filiale. Si ce seuil était franchi, Monoprix rembourserait par anticipation une partie de son prêt pour reconstituer cette trésorerie.
Une étape de plus vers la restructuration
L'accord Quatrim s'inscrit dans le schéma de restructuration retenu cet été. La proposition de France Retail Holdings choisie par le conseil d'administration prévoyait déjà 50 millions d'euros pour renforcer la garantie apportée par Monoprix aux obligataires Quatrim. Depuis, Casino cherche à verrouiller successivement les différents volets nécessaires à la modification de ses plans de sauvegarde. Les banques ont signé leurs protocoles de conciliation début août. L'accord avec Quatrim constitue une nouvelle étape de ce processus, distincte du conflit toujours ouvert avec les prêteurs TLB : ceux-ci ont fait appel après avoir été déboutés le 17 août par le juge commissaire.
Sur Quatrim, reste désormais à rallier les porteurs représentant les quelque 65 % de la dette qui ne sont pas parties à l'accord de principe. Une commission de consentement est prévue pour ceux qui accepteront l'opération. La documentation contractuelle doit être signée « au cours des prochaines semaines », en amont du vote des classes de parties affectées prévu dans le cadre plus large de la modification des plans de sauvegarde du groupe. Casino vise toujours une mise en œuvre de l'ensemble de sa restructuration d'ici la fin de l'année.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

