Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
De nouvelles pertes d’abonnés au compteur de SFR / Entre restructuration et cession d'Infracos, sa maison mère garde le cap sur son agenda
De moindres départs, mais des départs tout de même. En publiant ses résultats du deuxième trimestre, SFR a rendu compte d’une perte de 34 000 abonnés sur la période, à parts égales entre le fixe et le mobile. Le recul est bien moins important qu’en 2024 : il y a un an, sur la même période, 78 000 abonnés fixes et 211 000 abonnés clients avaient quitté l’opérateur.
Un recul qui s’était progressivement résorbé sur les mois suivants, pour se réduire à une baisse de 3 000 d’entre eux au premier trimestre de l’année sur le fixe et revenant d’ailleurs dans le vert du côté des abonnés mobiles. "Les pertes clients se sont atténuées mais la base n’est pas pleinement stabilisée", résume le cabinet Oddo BHF. La panne étant intervenue sur le réseau SFR au mois de juin reste à prendre en compte, précise Altice France, soulignant avoir alors su apporter les réponses opérationnelles adéquates.
Pertes de clients, pression accrue sur les prix, des revenus découlant des équipements en nette baisse… le chiffre d’affaires de sa maison mère, Altice France, s’est ainsi déprécié de 9,1 % sur un an à 2,3 milliards d'euros. Son Ebitda a suivi la même tendance, en reculant de près de 11 %, pour atterrir à 801 millions d’euros. Une situation fragile, souligne Oddo BHF, bien que "la restructuration de la dette nette permet de stabiliser les (free cash flows) et redonner de la valeur aux fonds propres, et les cessions d’actifs de payer les prochaines échéances".
Transaction en duo
Parmi elles, celle d’Infracos, une joint-venture détenue à parts égales entre Bouygues Telecom et SFR. Créée dans le cadre des accords "Crozon", visant à mutualiser le déploiement de sites radios dans les zones moins denses, la société gère aujourd’hui des infrastructures passives et les baux y afférant, mis à disposition par ses deux actionnaires via un contrat d’hébergement. Les deux opérateurs avaient annoncé cette cession au mois de juillet. La transaction sera réalisée avec Phoenix Tower International et devrait permettra à SFR d’encaisser 480 millions d’euros. L’opérateur anticipe en tout cas qu’elle sera finalisée d’ici à la fin de l’année 2025.
Des échéances sur lesquelles Altice France garde donc le cap, tout comme celle de la finalisation de son plan de sauvegarde accélérée. Il a été approuvé par le Tribunal des activités économiques de Paris au mois d’août, ouvrant donc la voie à la mise en œuvre de la restructuration de la dette du groupe de Patrick Drahi. Pour mémoire, l’accord conclu avec les créanciers prévoit que cette dernière passe de 24,1 milliards d’euros à 15,5 milliards d’euros. En échange de quoi, ils doivent obtenir 45 % du capital de l’entreprise.
Si la direction d’Altice France reste discrète quant à une éventuelle cession de SFR et qu'elle avait assuré pendant l’été qu’aucun processus de vente n’était actuellement en cours, la validation de ce plan avait néanmoins relancé les actualités autour de cette potentielle transaction, la restructuration du groupe s’affichant comme un préalable d’importance à une cession des actifs du groupe. Altice France entend en tout cas faire entrer son plan de restructuration en vigueur le 1er octobre. Une prévision réaffirmée à l’occasion de cette publication.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

